«Folles enfances»: retrouvez notre série primée en accès libre

Kandinsky (1913) - Carrés avec cercles concentriques

Notre série «Folles enfances» plonge dans les vies chahutées de ces enfants dont un parent souffre de troubles psychiques graves.

Folles enfances. C’est une longue enquête doublée de cinq témoignages, initialement publiée à l’été 2022. Le thème: ces enfants dont l’un des parents est atteint de troubles psychiques graves. Ballottés dans des vies difficiles, obligés de suppléer à un parent défaillant, à risque de trouble eux-mêmes, ils passent sous les radars des dispositifs d’aide. Retrouvez l’intégralité de la série — enquête, témoignage, entretien d’expert — en accès libre.


Enquête: En Suisse, des enfants trop souvent seuls face au trouble psychique de leur parent (accès libre)

Il est difficile d’identifier les familles en besoin de soutien social, du fait du trouble psychique d’un ou deux parents. En cause, le tabou de la santé mentale, les loyautés familiales, la peur de perte de garde et, parfois, le manque de sensibilisation des soignants et éducateurs. Se pose aussi la question des dispositifs de soutien, disparates et pas toujours connus des professionnels eux-mêmes.


Entretien: «Lorsqu’un parent souffre de troubles psychiques, il faut prendre les devants» (accès abonnés)

Nous revenons sur ces folles enfances et la façon de les prendre en charge avec le Dr Kurt Albermann, pédopsychiatre et chef du centre de pédiatrie sociale de l’hôpital cantonal de Winthertour, dans le canton de Zurich.


Témoignage (1/5): «Je voulais mettre ma famille dans une boîte et la jeter dans le lac» (accès libre)

Quand Sasha* a pris la parole jeudi 26 mai sur la terrasse d’un café genevois, iel ne l’a plus lâchée durant une heure et demie. Les mots, gardés secrets trop longtemps, ont jailli, comme une libération. A part sa famille et sa psychologue, personne ou presque de son entourage n’est au courant du trouble psychique de son père, diagnostiqué bipolaire avant sa naissance.

«J’ai essayé d’expliquer à quelques amis, mais ils n’ont rien compris, alors j’ai renoncé», regrette Sasha, qui a enduré des mois de souffrance et d’anxiété, avec la série Friends comme seul refuge. Aujourd’hui, iel pose un regard sévère sur la façon dont les enfants et les jeunes sont impliqués dans la prise en charge de leur parent.


Témoignage (2/5): «Enfant, on ne se rend pas compte qu’on devient proche aidant» (accès libre)

«Mes parents étaient très investis dans mon éducation, même s’il y avait des bizarreries.» Quand Emilie* raconte son enfance, c’est avec beaucoup de tendresse. La Vaudoise de 39 ans, devenue enseignante, a grandi avec un père diagnostiqué tour à tour maniaco-dépressif, bipolaire et avec des troubles du comportement, et une mère diagnostiquée schizophrène lorsqu’elle était jeune adulte.

Aujourd’hui, elle s’engage au niveau d’une association de proches aidants et d’un collectif, notamment pour faire reconnaître le vécu des enfants qui, comme elle, ont grandi dans un environnement inconstant.


Témoignage (3/5): Sarah, 35 ans: «J’ai grandi sans amour» (accès libre)

Sarah est pharmacienne. A 35 ans, elle habite à Genève où elle a grandi et élève aujourd’hui ses deux enfants de 4 ans et 21 mois. La jeune femme, d’origine iranienne, revient de loin. «Je n’ai jamais manqué de rien au niveau matériel, mais j’ai grandi sans amour», résume-t-elle, d’entrée de jeu, devant sa webcam.

Il y a deux ans encore, elle évitait soigneusement de parler de la maladie de sa mère, schizophrène, devant ses collègues et ses amis. Depuis, elle a pris la parole dans un podcast et les mots sont devenus moins difficiles à dire, même s’ils sont encore lourds à porter. Sa mère n’ayant jamais voulu se faire soigner, laissant ses enfants dans une impasse.


Témoignage (4/5): «Le médecin ne s’est jamais inquiété de ce qui se passait à la maison» (accès libre)

«L’isolement, la singularité, la honte, des comportement agressifs et toujours beaucoup d’émotions, imprévisibles.» C’est avec ces mots qu’Agathe décrit son enfance, à Vevey, auprès de sa mère atteinte de troubles bipolaires, d’un léger retard mental ainsi que des problèmes d’addiction à l’alcool et aux médicaments.

A 45 ans, elle travaille désormais dans le milieu de la psychiatrie et a intégré un collectif qui vise, notamment, à sensibiliser les soignants aux vécus des enfants qui grandissent à l’ombre d’un trouble psychique. Pour éviter que d’autres aient à grandir dans les mêmes conditions qu’elle, qui est complètement passée entre les mailles du filet d’aide psychosocial.


Témoignage (5/5): «Je ne voulais pas que ma mère avale de la javel» (accès libre)

«Le jour de mes huit ans, fiasco. Ma mère a mis le feu à la cuisine, les pompiers ont dû intervenir. Aux fêtes de Noël, elle demandait aux invités de se peser avant d’entrer. Et je ne compte pas les fois où, à 12 ans, j’ai pris mon vélo et arpenté la ville, la peur au ventre, sans savoir dans quel état j’allais la retrouver.»

Les dégâts causés par la maladie mentale, Florian les connaît par cœur. Ils ont déchiré sa famille et l’ont propulsé dans le milieu complexe de la psychiatrie très jeune. Une année et demie après avoir témoigné pour Heidi.news, le jeune homme a réussi à monter le collectif dont il parlait.


* Prénoms d’emprunt, identités connues de la rédaction