Réservé aux abonnés

Folles enfances: «Je voulais mettre ma famille dans une boîte et la jeter dans le lac»

Image d'illustration, Yellow-Red-Blue 1925, Vassily Kandinsky. | wassilykandinsky.net / Courtoisie

(1/5) L’enfance à l’ombre du trouble psychique. Les enfants de personnes atteintes de trouble psychique sont nombreux, mais encore trop rarement pris en considération. Cinq adultes, âgés de 23 à 45 ans, sortent du silence pour raconter une maladie qui n’est pas la leur, mais qui a façonné leur quotidien. Des histoires magnifiques de résilience, mais qui signent aussi, parfois, d’inquiétants échecs de société. Sasha*, 23 ans, se remet lentement d’une période cauchemardesque. 

Quand Sasha a pris la parole jeudi 26 mai sur la terrasse d’un café genevois, iel ne l’a plus lâchée durant une heure et demie. Les mots, gardés secrets trop longtemps, ont jailli, comme une libération. A part sa famille et sa psychologue, personne ou presque de son entourage n’est au courant du trouble psychique de son père, diagnostiqué bipolaire avant sa naissance. Sasha a bien essayé d’expliquer la situation à quelques amis proches, mais «ils n’ont rien compris, alors j’ai renoncé», regrette l’universitaire, qui a enduré des mois de souffrance et d’anxiété, avec la série Friends comme seul refuge.

Le problème, dit Sasha, c’est que «depuis toujours, j’ai l’impression qu’on ne prend pas en considération mes besoins, mais qu’on me demande d’être là pour mon père malade. J’ai l’impression que ma souffrance n’a pas été reconnue jusqu’à ce que je trouve la fondation le Biceps… à 22 ans».

Réservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Se connecter