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Folles enfances: «Enfant, on ne se rend pas compte qu’on devient proche aidant»

Image d'illustration. Improvisation. Deluge, 1913, Vassily Kandinsky. | wassilykandinsky.net / Courtoisie

(2/5) L’enfance à l’ombre de la maladie psychique. Les enfants de personnes atteintes de trouble psychique sont nombreux, mais encore trop rarement pris en considération. Cinq adultes, âgés de 23 à 45 ans, sortent du silence pour raconter une maladie qui n’est pas la leur, mais qui a façonné leur quotidien. Des histoires magnifiques de résilience, mais qui signent aussi, parfois, d’inquiétants échecs de société. Emilie*, 39 ans, a appris à composer avec deux parents touchés par des troubles psychiques. 

«Mon enfance a été chouette. Mes parents étaient très investis dans mon éducation, même s’il y avait des bizarreries.» Quand Emilie* raconte son enfance, c’est avec beaucoup de tendresse. La Vaudoise de 39 ans, devenue enseignante, a grandi avec un père, diagnostiqué tour à tour maniaco-dépressif, puis avec des troubles bipolaires et du comportement. Sa mère, elle, a été diagnostiquée schizophrène quand Emilie était jeune adulte.

La «bizarre». De ses jeunes années, Emilie se souvient des manies de son père et d’un rapport au monde extérieur particulier. «Mon père reconnaît qu’il a besoin d’aide, mais refuse systématiquement les diagnostics et les traitements. Quant à ma mère, elle a toujours été la personne solide de la famille, avant qu’elle ne décompense et soit diagnostiquée avec un trouble psychique à son tour», détaille-t-elle:

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