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Faut-il dépister Covid-19 comme on fait des sondages d'opinion?

Pixabay / Shafin Al Asad Protic

Faut-il se doter de meilleurs indicateurs de suivi de l’épidémie? Pour l’heure, on s’appuie sur un dépistage spontané et le traçage des cas contacts. Le nombre de nouveaux cas ainsi détectés est le principal indicateur permettant aux autorités d’évaluer la situation sanitaire et de réagir en conséquence. Mais ces données ne donnent qu’un aperçu partiel de la situation, estime Henri Wallard, docteur en statistiques et dirigeant de l’entreprise de sondage Ipsos, dans une tribune au Monde. Ce spécialiste en science des données estime qu’il faudrait organiser de vastes campagnes de dépistage au sein d’échantillons représentatifs de la population, à l’instar de ce que font les instituts spécialisés pour les sondages d’opinion.

L’exemple britannique. Henri Wallard prend pour modèle le Royaume-Uni, qui s’emploie à dépister un échantillon représentatif de plus de 150’000 personnes à intervalles réguliers depuis le mois de mai. Ce programme, baptisé React-1, est conduit par des chercheurs du très réputé Imperial College de Londres, en collaboration avec… l’institut Ipsos. Le sondeur prêche donc pour sa paroisse. Toujours est-il que cette étude — qui en est à sa quatrième vague — permet de suivre l’épidémie avec une finesse et une fiabilité inédites. Les Britanniques connaissent ainsi la proportion de personnes infectées sans symptôme perceptible au moment du test (plus des deux-tiers) et identifient les zones géographiques et les communautés où le virus circule le plus. Ils peuvent aussi évaluer la progression de l’épidémie avec une fiabilité accrue, puisque leur indicateur s’affranchit des aléas de la politique nationale de dépistage.

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