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Natacha Litzistorf veut faire la lumière sur les effets de la pollution aux dioxines à Lausanne

Natacha Litzistorf, municipale lausannoise en charge du logement, de l’environnement et de l’architecture. | Keystone / Jean-Christophe Bott

Natacha Litzistorf (Les Verts) est la municipale lausannoise en charge du logement, de l’environnement et de l’architecture. A ce titre, elle est en première ligne dans la gestion de la crise des dioxines qui touche la capitale vaudoise depuis le mois de janvier 2021. Dans ce long entretien réalisé ce 15 octobre, elle répond aux questions qui fâchent:

  • effet sanitaire de l’exposition chronique aux dioxines pour les Lausannois

  • assainissement au point mort jusqu’à une décision de la Confédération

  • difficultés à tenir compte des aspects environnementaux et sanitaires de cette grave pollution

Heidi.news – Depuis le 11 octobre, les concentrations de dioxines découvertes à Lausanne inquiètent la population. Pourquoi découvre-t-on cela si tard?

Natacha Litzistorf – La pollution a été découverte par hasard en janvier 2021. Jusqu’alors, les analyses des sols sur la commune de Lausanne se concentraient sur les métaux lourds, substances considérées comme prioritaires. La logique est la suivante: on analyse systématiquement les sols avant d’ouvrir un jardin potager. En accord avec le canton – autorité compétente en la matière –, quand on ne trouve pas de métaux lourds, nous ne cherchons pas plus avant. Ce n’est qu’en cas de détection que l’on pousse les recherches plus avant. Et le fait est qu’à Lausanne, on n’a pas de métaux lourds, mais des dioxines dans le sol.

Cela vient aussi du fait que nous attendons des réponses du canton et de la Confédération sur les méthodes de laboratoires qui n’ont pas les mêmes protocoles et méthodes d’analyse pour mesures les dioxines dans le sols

C’est pourquoi les autorités cantonales se sont adressées à la Confédération pour qu’elle définisse la méthode à utiliser au niveau national. Le canton attend toujours la décision de la Confédération.

Vous avez dit jeudi 14 octobre en conférence de presse qu'à l’époque de «la fermeture de l’usine du Vallon, en 2005, la question des dioxines ne semblait pas si importante et qu’on pensait que la pollution de l’air n’affectait pas le sol». Vous avez aussi dit que «l’on pensait que la présence de dioxines était nécessairement corrélée à celle de métaux lourds». Pourtant, on connaît la causalité entre nuage toxique contenant des dioxines et pollution des sols depuis 1976 et l’accident industriel de Seveso… Qu’est-ce qui fait croire que ce serait différent à Lausanne et ailleurs dans le monde?
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