| | Interview

«Le risque de crise sanitaire et sociale est plus grand sans les mesures actuelles qu’avec elles»

Léonore Porchet. | Keystone / Jean-Christophe Bott

Léonore Porchet est conseillère nationale vaudoise (Les Verts) et membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS). Face à l’épidémie de coronavirus et à la réponse du Conseil fédéral, qui consiste à protéger la population grâce à des mesures nécessaires, l’élue tient à jouer son rôle et demande plus de transparence et aussi que l’aspect social généré par la crise soit mieux pris en compte. Entretien.

Heidi.news – La stratégie actuelle menée par la Conseil fédéral pour lutter contre l’épidémie de coronavirus est claire. Protéger la population implique un devoir de transparence de la part des autorités. Certaines informations manquent. Le Parlement étant l'organe de surveillance du Conseil fédéral (art. 169 al. 1 Cst), savez-vous si ces questions liées à la transparence seront abordées lors de la session parlementaire de début mai à Berne?

Léonore Porchet – De mon point de vue, de nombreuses données et sources sont mises à disposition par la Confédération, en particulier sur son site internet. Je considère que nous avons dans une certaine mesure la possibilité de connaître les éléments sur lesquels se base le Conseil fédéral pour prendre ses décisions. Nous devons, de plus, garder à l’esprit que, dans les faits, très peu d’indicateurs existent sur le Covid-19, que les données sont incomplètes pour tout le monde et que toutes les décisions du Conseil fédéral ont dû être prises dans un contexte d’urgence sanitaire. Cependant, en tant que commissaire à la santé, je regrette de ne pas avoir un accès plus direct à l’information d’une part et de ne pas encore avoir eu la possibilité de questionner les décisions du Conseil fédéral d’autre part. Je me réjouis dès lors de pouvoir poser toutes ces questions lors de la prochaine séance de commission, prévue à la mi-avril, dans cette optique de transparence.

Par ailleurs, un travail de vulgarisation et de précisions de ces données devrait être entrepris, car y donner accès ne rend pas leur compréhension facile pour autant. Il me paraît essentiel que les questions touchant à la transparence soient abordées en commission ou lors de la session parlementaire de mai, afin que nous puissions améliorer notre fonctionnement démocratique si une autre crise devait survenir. Car si le message politique à destination de la population dans son ensemble fait l'objet de multiples conférences de presse, en tant que députée siégeant à la commission de la santé, je considère ne pas avoir été informée suffisamment clairement de la situation.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous

Lire aussi