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EXCLUSIF – Le torchon brûle entre les cliniques du sommeil lausannoises 

Image d'illustration. | Shutterstock / Alphavector

La médecine vaudoise du sommeil est victime de son succès. De longs mois sont nécessaires pour obtenir une consultation au Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS) du CHUV, créé en 2006 et référence suisse en la matière. Pour désengorger ses services, le CIRS a conclu une convention de collaboration en 2017 avec un centre privé, dont Heidi.news a pu se procurer une copie. Il prévoit des renvois systématiques de patients et des ententes salariales pour des collaborateurs qui travaillent souvent des deux côtés, public et privé. Convention qui n’est plus en vigueur depuis 2018.

Pourquoi c’est problématique. De nombreuses formes de partenariats entre des prestataires publics et privés existent dans le secteur de la santé. Mais ici, aucun appel d’offre public a été émis. Cela pose des problèmes de concurrence sur le marché et pourrait aussi mettre en péril des acteurs exclus de cette coopération. Des conflits d’intérêts ne sont en outre pas à écarter: des liens de famille existent entre les organisations publiques et privées concernées, comme le montre cette enquête.

De quoi on parle. A Lausanne, il existe trois centres spécialisés dans la médecine du sommeil:

  1. Le Centre d'investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS) au CHUV

  2. Le Centre du sommeil de Florimont

  3. Le Centre lausannois de médecine du sommeil (CLMS)

Le service du CHUV est régulièrement confronté à une surcharge de travail. C’est pour répondre à ce besoin important en termes de prise en charge que le Centre du sommeil de Florimont est créé, alors que le centre de médecine du sommeil (CLMS) existait déjà. Pr Raphaël Heinzer, médecin chef du CIRS au CHUV:

«Malgré la présence du Centre Lausannois du sommeil depuis de nombreuses années, nous recevions au CIRS un nombre croissant de demandes de consultation des médecins de la ville et des patients, avec un délai d’attente entre 4 et 6 mois en 2017. Il n’existait pas d’autre centre du sommeil dans le canton de Vaud, hormis le centre du sommeil de Genolier qui avait prévu de fermer en 2018. Un centre supplémentaire était donc nécessaire pour répondre aux besoins de la population.»

Les consultations étant en constante hausse, la présence de trois entités spécialisées dans ce domaine ne posait a priori pas de problèmes. Mais une relation privilégiée lie le CIRS et le centre de Florimont, comme le montre l’enquête de Heidi.news.

Une convention a même été formellement établie entre le CHUV et le Centre du sommeil de Florimont, assurant au passage un renvoi de patients du public au privé, apparemment au détriment du troisième centre.

Lire aussi: Le CHUV réagit sur ses liens avec le Centre du sommeil de Florimont

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