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Europe et Covid-19: quand le téléphone de l’Italie sonnait dans le vide

Flickr / Nathan Oakley

Fin février, alors que le Nord de l’Italie se trouve submergé par une vague épidémique bien plus violente qu’anticipé, le gouvernement de Giuseppe Conte a demandé l’aide urgente des autres pays européens, via le mécanisme de protection civile de l’Union. Un appel qui n’a reçu aucune réponse, révèle le Guardian dans une longue enquête sur la réponse à la crise sanitaire du point de vue de Bruxelles, riche en e-mails sans réponses, en sièges vides et téléphones sonnant dans le vide. Le quotidien britannique relate l’incapacité des institutions européennes à prendre le lead pour coordonner les fermetures de frontière ou l’achat d’équipements médicaux, face à des gouvernements nationaux mal préparés et sous pression.

Ce qui s’est passé. La santé est une responsabilité souveraine des Etats européens. En la matière, la coordination repose sur deux instances: le CDC européen, chargé de fournir des avis scientifiques, et le comité de sécurité sanitaire de la Commission, qui réunit les ministres européens de la santé. Un dispositif peu adapté pour peser en temps de crise, alors que les ministres de la santé ont peiné à se faire entendre de leurs propres exécutifs. D’autant que la toute nouvelle présidente de la Commission, l’Allemande Ursula von der Leyen, manquait de relais politiques pour faire bouger les lignes. Dans les faits, les pays européens ont donc joué leur partition en solo. Un épisode le montre bien: le 6 mars, le comité européen de sécurité sanitaire, présidé par Ursula von der Leyen, insistait lourdement sur la nécessité d’une réponse coordonnée entre les Etats membres. Dix jours plus tard, l’Allemagne fermait ses frontières sans concertation, ouvrant le bal en Europe…

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A lire dans le Guardian

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