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Et surtout, la santé: le semi-confinement prolongé jusqu’à fin février

Le conseiller en charge de la santé, Alain Berset, en conférence de presse à Berne mercredi 6 janvier. | Keystone / Peter Klaunzer

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Cinq semaines de plus. A l’occasion de sa première réunion de l’année, le Conseil fédéral propose, mercredi 6 janvier, de prolonger le semi-confinement jusqu’à la fin du mois de février. Cette décision doit encore faire l’objet d’une consultation auprès des cantons. Le régime d’exception pour les cantons en situation épidémique favorable sera quant à lui levé dès le 9 janvier. D’autres mesures pourraient être décidées d’ici la semaine prochaine.

Pourquoi une telle décision. Le nouveau variant britannique, le haut niveau de circulation virale, la résurgence probable due aux fêtes et le temps hivernal placent les pays européens dans une situation précaire. Le Royaume-Uni, mais aussi l’Allemagne ont pris des mesures de reconfinement drastiques, et l’ensemble de l’Europe essaie à toute force d’éviter une troisième vague. La Suisse ne fait pas exception, même si les mesures prises sont relativement légères comparé à ses voisins.

Le semi-confinement prolongé. Le Conseil fédéral a opté pour le prolongement des mesures de semi-confinement jusqu’à fin février, au lieu du 22 janvier prévu initialement. Elles prévoient notamment la fermeture des restaurants et établissements sportifs et culturels, et l’invitation à rester à la maison.

Alain Berset, conseiller fédéral en charge de l’intérieur, en conférence de presse:

«Une réouverture des activités à partir du 23 janvier n’est pas possible, nous voyons bien aujourd’hui que nous n’aurons pas de bonne nouvelle. (…) On entre dans la partie la plus difficile ud marathon, où la fatigue se fait sentir et on pourrait avoir la tentation d’abandonner la course, mais on ne peut pas le faire.»

Cette décision doit encore être mise en consultation auprès des cantons, mais ceux ont d’ores et déjà exprimé leur accord, via un communiqué de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé.

La fin du régime d’exception. Les sept sages ont aussi décidé – de manière ferme, cette fois – de lever à partir de samedi 9 janvier le régime d’exception mis en place mi-décembre pour les cantons en situation épidémique favorable (avec un Re < 0,9 pendant une semaine et une circulation virale limitée). En Suisse romande, seul le canton de Fribourg était encore concerné.

Il s’agit, précise le Conseil fédéral dans son communiqué, d’empêcher le «tourisme d’achat» et le «tourisme gastronomique» entre les cantons, tout en réinstaurant une situation homogène et clairement compréhensible.

Alain Berset:

«Il nous a paru opportun d’avoir une règle claire, qui s’applique à tout le pays.»

Dans les tuyaux. D’autres mesures sont envisagées et pourraient être prises la semaine prochaine, en fonction de la situation et du résultat des consultations:

  • l’obligation de travailler à domicile et un durcissement des mesures sur le lieu de travail,

  • la fermeture des magasins non essentiels,

  • une limitation des rassemblements spontanés et des événements (le chiffre de cinq personnes est évoqué),

  • une protection accrue des personnes vulnérables.

Le Conseil fédéral se refuse à envisager une fermeture des écoles obligatoires, comme c’est le cas en Allemagne, en Autriche ou au Royaume-Uni, mais invite les cantons à prendre des mesures au cas par cas.

Les vaccins. Alain Berset a également tenu à défendre le bilan du conseil fédéral en matière d’accès aux vaccins Covid-19:

«La discussion des derniers jours m’a un peu stupéfié: nous parlons avec l’OFSP et le Conseil fédéral du vaccin depuis le mois de mars de l’année passée. Nous avons commencé les négociations avec les fabricants en mars, et conclu les premiers accords en juin. Il y avait alors plus de 100 entreprises dans les rangs, c’était la jungle. Aujourd’hui nous avons une position internationale dont nous n’avons pas à rougir: nous avons les trois premiers produits sur le marché (Pfizer, Moderna, AstraZeneca, ndlr), ce qui n’est pas rien.»

Le ministre de la Santé a également dévoilé les objectifs fédéraux en matière de vaccination, l’objectif étant d’avoir vacciné toutes les personnes vulnérables d’ici la fin de l’hiver. Dans le détail:

  • tous les volontaires résidents en EMS d’ici fin janvier,

  • tous les volontaires de plus de 75 ans d’ici fin février,

  • 70% des personnes de plus de 65 ans d’ici fin mars.

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