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Du tissu embryonnaire a servi à développer le traitement de Trump - et la presse jubile

Donald Trump au balcon de la Maison Blanche, lundi 5 octobre, après sa sortie de l'hôpital | Keystone / AP / Alex Brandon

Nouvelle pique à l’endroit de Donald Trump, signée de la MIT Technology Review. Fidèle à sa ligne anti-avortement extrêmement dure, l’administration Trump n’a eu de cesse de limiter les recherches ayant recours à des tissus d’embryon humain, issus d’interruptions de grossesse. Non sans succès. Mais le traitement expérimental contre Covid-19 administré au président américain, fabriqué par le laboratoire Regeneron à base d’anticorps monoclonaux, a lui-même été développé en partie grâce à une ligne cellulaire humaine, récupérée sur un embryon avorté. Une ironie que n’a pas manqué de souligner le magazine scientifique, bientôt repris par une bonne partie de la presse américaine.

Pourquoi il a fallu chercher loin. Pour évaluer la capacité de son traitement à cibler le coronavirus in vitro, Regeneron a fabriqué des pseudoparticules virales grâce à des cellules HEK 293 («Homo Sapiens Embyronic Kidney No 293»). Cette lignée cellulaire prend son origine dans du tissu rénal prélevé sur un embryon avorté… aux Pays-Bas, en 1973 – et manipulé pour recevoir de l’ADN d’adénovirus. HEK 293 fait partie des lignées les plus employées dans la recherche biomédicale car ce sont des cellules aisées à cultiver, qui peuvent être modifiées pour produire des protéines d’intérêt. Il y a loin entre cette habituée des paillasses, qui n’est légalement pas considérée comme du tissu embryonnaire, et la législation américaine sur la recherche ayant recours à de tels produits.

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A lire dans la MIT Technology Review (EN)

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