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Des médecins suisses prennent la parole sur Instagram pour alerter la population

Le compte Instagram @parolesdedoc est créé dimanche 22 mars. Un jour plus tard, ce lundi 23 mars, c’est une quinzaine de vidéos postées, et de nombreux messages d’alerte, dont certains disponibles dans la vidéo ci-dessus. Les préoccupations sont diverses et variées, elles concernent autant le manque de matériel, de lits, de mesures efficaces des autorités sanitaires… Mais toutes aboutissent avec le même message: «Restez chez vous».

Pourquoi ils sont inquiets. La première vidéo est signée Mona, une médecin «d’un petit hôpital dans le canton de Vaud». «J’ai environ trois collègues qui tombent malades tous les jours», s’alarme-t-elle, en poursuivant: «Je me demande comment on va faire face à la crise vers laquelle on se dirige».

C’est Mona, 28 ans, qui a lancé cette page, avec une amie graphiste. L’idée de @parolesdedoc, c’est de montrer la réalité de l’intérieur des hôpitaux, «donner accès à la population pour montrer ce qu’il se passe actuellement».

Parmi les inquiétudes principales: le rythme effréné des journées. Mona l’affirme à Heidi.news: «Je fais onze heures par jour, certains collègues en font douze. Le nombre de cas va fatalement augmenter et avec la dernière ordonnance du Conseil fédéral, il faut s’attendre à ce que l’on fasse beaucoup d’heures supplémentaires. On va travailler sur le principe de bonne volonté, mais quand on est épuisé, on ne peut plus soigner comme avant. On fera au mieux».

Philip et Jeanne, médecins respectivement dans le canton de Neuchâtel et de Vaud, voient les stocks de matériels diminuer dans leurs établissements. Préoccupé par la situation, Philip a posté sa vidéo dimanche afin de sensibiliser la population à un usage restreint de ce matériel: «On va manquer de masques et de sterillium dans un avenir proche. C’est nécessaire pour pouvoir travailler, vous soigner et nous protéger pour pas qu’on tombe malade».

Jeanne lance un appel aux entreprises du canton de Vaud (mais également applicable aux autres cantons):

«On a bientôt plus de masques pour protéger les soignants, médecins, infirmiers et tous les autres. Je sais qu’il y a de grandes entreprises de la région qui en ont en stock. Donc si vous avez ce genre de masque FFP2 dans vos entreprises, n’hésitez pas à les amener au CHUV.»

Baptiste, médecin dans le canton de Fribourg, alerte à propos «des patients qui arrivent aux urgences et progressivement les soins intensifs qui se remplissent». Avant d’ajouter: «Des patients de plus en plus graves, de plus en plus instables».

Et à chaque fois, le même message final: «Si vous voulez nous aider, si vous voulez vous aider, restez chez vous».

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