De la nécessité d’intégrer le Covid long dans le narratif de l’épidémie 

Image d'illustration. | Pixabay / mohamed_hassan

Les décès, les cas graves et la saturation des ressources hospitalières. Ces trois spectres ont agité et guidé les autorités durant la tempête Covid. A tel point que les messages de santé publique se sont concentrés presque exclusivement sur eux durant toute l’épidémie, regrettent aujourd’hui Danielle Wener et Gabriela Arguedas Ramírez, dans les colonnes de Stat News. Les deux professeures de philosophie sont inquiètes. Selon elles, en omettant d’informer sur la problématique du Covid long, les autorités politiques et sanitaires (américaines) faussent l’équation de l’appréciation du risque. A l’heure même où la responsabilité de la gestion du risque est devenue une affaire individuelle, du fait de la fin des mesures de lutte contre l’épidémie.

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Pourquoi ça fait écho. Bien que la réflexion s’articule autour du contexte américain, elle fait écho en Suisse, où la question de la reconnaissance du Covid long et de ses enjeux — par les autorités politiques et sanitaires, mais aussi les assurances sociales — est débattue. Le risque étant, expliquent les deux femmes, qu’en ne faisant pas exister cette problématique dans l’espace public et auprès des prestataires de santé, les personnes qui en souffrent se retrouvent marginalisées. Elles militent pour une «adoption sociale généralisée des concepts et vocabulaires» relatifs au Covid long, sans lesquels les patients peineront à comprendre et communiquer leur expérience.

Danielle Wener et Gabriela Arguedas Ramírez vont même plus loin:

«En refusant de reconnaître la prévalence du Covid long, les responsables sapent les futures revendications contre l'Etat en matière de soins et de ressources.»

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Et en Suisse? Si les autorités fédérales reconnaissent l’existence du Covid long, «il faudra encore certainement pas mal de temps pour pouvoir saisir toute la complexité de la problématique et comprendre comment l’intégrer dans notre système de santé et comment le traiter», détaillait Alain Berset, ministre de la santé, en janvier 2022.

Pour l’heure et à défaut de registre national, ce sont les HUG, et leur plateforme RAFAEL, qui font office d’interface en Suisse romande entre population, connaissances scientifiques sur le sujet et professionnels de santé.

Derrière la plateforme qui ambitionne de devenir la référence francophone en matière de Covid long, la liste de partenaires ne cesse de s’allonger. Elle réunit désormais l’Association long Covid Suisse, le CHUV, l’Hôpital Riviera-Chablais, l’Hôpital du Jura et celui du Valais, la Société suisse de médecine interne générale et même des partenaires de l’Université de Sherbrooke, au Canada.

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