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CoronaLeaks: Marc Walder est-il un danger pour la presse et la démocratie?

Marc Walter (à droite) avec Alain Berset, alors président de la Confédération (au centre) et Andreas Meyer, patron des CFF, à Zurich en octobre 2018. | Keystone / Peter Klaunzer

Les révélations de la «Schweiz am Wochenende» secouent tout le pays: Peter Lauener, ancien responsable de la communication d’Alain Berset, et Marc Walder, patron de Ringier, auraient eu 180 échanges durant la phase aiguë de la pandémie de Covid.

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Le patron du Blick semble ainsi avoir eu accès en primeurs à de nombreuses informations confidentielles du Conseil fédéral. Infos qui ont permis au quotidien populaire zurichois d’être «bien informé» durant la crise, avant tout le monde et de manière presque «industrielle».

Lire aussi: CoronaLeaks: toutes ces fois où le Blick a eu un coup d'avance

Pourquoi on en parle. Avec les révélations du 14 janvier, le dossier s’est transformé en «CoronaLeaks» outre-Sarine et depuis, chaque jour, la presse alémanique analyse, attaque, critique. Au Blick, on affirme – sans rougir – que le journal n’a pas bénéficié de ces indiscrétions pour pouvoir publier en 2020 et 2021 ce qui se tramait au Conseil fédéral avant ses séances hebdomadaires. Ce journal n’a pas été le seul à bénéficier de fuites régulières: le Tages Anzeiger (édité par Tamedia) en a également profité et a estimé nécessaire de se justifier lundi 16 janvier en titrant: «Ce qui nous différencie du Blick».

La justice enquête: Peter Lauener est soupçonné de «violation du secret de fonction» et se retrouve plongé dans un imbroglio judiciaire. Alain Berset, lui, est une nouvelle fois dans la tourmente (la crise politique en cours est majeure), mais Marc Walder semble épargné, alors que se font jour des soupçons de «délit d’initié».

L’homme. Qui est Marc Walder? Très connu en Suisse alémanique, il y est parfois présenté comme le «huitième conseiller fédéral», l’ami des puissants. Fondateur de Digital Switzerland qui regroupe des dizaines de grands patrons suisses et conseiller du gouvernement en matière de transformation numérique, il s’affiche volontiers devant les caméras lors de soirées «strass et paillettes» zurichoises, malgré une allure ascétique, presque monastique. En Suisse romande, il est plus sobrement présenté comme le patron de L’Illustré et de PME Magazine, les titres de Ringier Romandie.

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