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Comment le monde n’a pas vu la propagation silencieuse de Covid-19

Shutterstock / r.classen

Pendant les mois cruciaux de février et mars, l’OMS et les autorités sanitaires des pays occidentaux (CDC américains et européens, institut Robert Koch en Allemagne, Santé Publique France…)  ont maintenu que le risque de propager Covid-19 en l’absence de symptômes visibles était négligeable. Et ce, en dépit des retours de Chine et du Japon, mais aussi de l’hôpital universitaire de Munich – la première contamination en Bavière étant le fait d’une business woman chinoise avec peu ou pas de symptôme détectable. Dans cette enquête, le New York Times revient sur les débats sémantiques, les rivalités académiques et autres réticences à accepter que le virus puisse se transmettre de façon silencieuse.

Pourquoi ce fut laborieux. Par analogie avec le Sras, les experts influents pensaient que seuls les patients avec des symptômes visibles transmettaient Covid-19  de façon effective. Les quelques retours de terrain ont longtemps été jugés insuffisants pour renverser cette hypothèse plausible, et donné lieu à quelques passes d’armes académiques. Mais des considérations de santé publique sont aussi entrées en jeu: la crainte de dissuader les autorités politiques d’adopter une stratégie d’endiguement ambitieuse, à l’heure où la prise de conscience générale du risque épidémique était encore faible.

Encore aujourd’hui, l’importance de la transmission silencieuse – asymptomatique ou pré-symptomatique – ne fait pas consensus. Des travaux en provenance de Hong Kong, Singapour et de Chine suggèrent une part de 30% à 60% dans la transmission globale, mais l’OMS souligne le peu de confiance qu’elle accorde à ces modélisations. On sait en revanche qu’elle est loin d’être négligeable. En filigrane, se pose aussi la question de l’importance des masques en population générale pour contrôler l’épidémie.

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A lire dans le New York Times

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