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Comment Covid-19 s’apprête à changer le paysage des vaccins dans le monde

Pixabay / Shafin Al Asad Protic

Pour les vaccins, il y aura un avant et un après-Covid-19. Dans une tribune pour le site américain de géopolitique Foreign Policy, le Pr Saad Omer, directeur de l’institut de santé globale de l’université Yale, défend l’idée selon laquelle la recherche florissante sur les vaccins contre le nouveau coronavirus a toutes les chances de modifier durablement le paysage pour toutes les autres maladies infectieuses.

Pourquoi on vous en parle. Après vous avoir exposé en quoi le chemin vers la vaccination Covid-19 est semé d’embûches, nous vous devions quelques bonnes nouvelles. Les résultats d’une demi-douzaine de candidats vaccins – développés en un temps record, avec des résultats clinique prometteurs – suggèrent que la pandémie permet d’agréger les énergies à une échelle inédite. Les obstacles sont nombreux mais dessinent, en contrepartie, un avenir où la vaccination sera plus efficace.

L’optimisme de la volonté. L’épidémiologiste Saad Omer, membre de la commission vaccinale des Etats-Unis et expert auprès de l’OMS, détaille plusieurs phénomènes ou défis que la recherche Covid-19 devra surmonter, et qui sont propres à faire évoluer le paysage mondial en matière de vaccins. Les voici.

Le développement. Le développement des vaccins est constitué d’essais précliniques (en laboratoire, chez l’animal) et cliniques (chez l’homme) menés successivement. La recherche contre Covid-19 a établi des raccourcis dans ce parcours règlementaire notoirement long à mettre en œuvre :

  • Les vaccins reposant sur des technologies déjà éprouvées sont désormais évalués en parallèle chez l’homme et chez l’animal.

  • Les essais précoces chez l’homme, de phase 1 (tolérance et dose) et 2 (faculté à susciter une réponse immunitaire), tendent à être fusionnés en un seul essai combiné, dit de phase 1/2 .

Les nouvelles technologies. De nouvelles plateformes, comme les vaccins à base d’ARN (Moderna), sont en train de faire leurs preuves contre Covid-19. Ces technologies, plus rapides à développer et souvent plus faciles à industrialiser que les vaccins classiques (inactivés, vivants atténués) sont là pour durer, estime l’épidémiologiste américain.

Apprendre à vacciner les adultes. Au moins dans les premiers temps, les stratégies vaccinales contre Covid-19 vont probablement se concentrer sur les populations les plus à risque de contracter la maladie, comme les professionnels de santé, ou de souffrir de ses conséquences, comme les séniors et les personnes vulnérables (hypertendues, par exemple).

Dans tous les cas, et contrairement au gros des vaccins actuellement employés, la vaccination Covid-19 se focalisera sur les adultes. Les avancées en matière d’organisation des campagnes vaccinales auront donc toutes les chances de profiter à des maladies comme la pneumonie ou la grippe, où la vaccination des adultes reste encore compliquée en pratique.

Surmonter l’hésitation vaccinale. Comme l’immense majorité des experts en santé publique, Saad Omer anticipe un essor de l’hésitation vaccinale et des mouvements anti-vaccins. Se donner les moyens de lutter efficacement contre ce phénomène – il ne mentionne aucune piste mais on peut évoquer les efforts de l’OMS pour fonder une discipline chargée de traquer les fake news – devrait s’avérer payant dans le futur.

Une pharmacovigilance à grande échelle. Le développement de vaccins contre Covid-19 se fait selon un processus très accéléré. Il nécessitera donc la mise au point de systèmes de pharmacovigilances pointus, pour détecter d’éventuels effets indésirables rares ou démontrer l’existence d’une protection efficace sur le terrain. Cela passera sans doute par la mise en commun de bases de données entre pays du monde.

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A lire sur le site de Foreign Policy (EN)

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