Christoph Berger: «La semaine dernière, j'ai été victime d'un enlèvement»

Christoph Berger

Le Pr Christoph Berger est médecin spécialiste FMH en pédiatrie et en infectiologie du centre hospitalier universitaire pédiatrique de Zurich. Il est également président de la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV). Il s’exprime ici sur l’enlèvement dont il a été victime le 31 mars 2022.

La semaine dernière, j'ai été victime d'un enlèvement dans le canton de Zurich, qui a été rapporté par différents médias.

Le média qui a publié mon nom en tant que victime du délit mentionné a associé ce délit à mon rôle de président de la commission de vaccination. Ce récit va à l'encontre de mon expérience personnelle pendant l'enlèvement. En même temps, je suis conscient des fortes tensions émotionnelles et sociales que les questions de vaccination ont suscitées ces deux dernières années.

Je vous donne volontiers quelques indications sur le déroulement des faits. Sur le conseil de la police et du ministère public, j'omets certains détails, même s'ils peuvent être intéressants pour vous.

Lire aussi: Enlèvement de Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les vaccinations, et mort de son ravisseur antivax

L'auteur, qui m'était inconnu jusque-là, m'a tenu en son pouvoir pendant une bonne heure. Pendant ce temps, il m'a demandé une somme d'argent substantielle. Il a accompagné cette demande de menaces sur ce qui pourrait se passer si je ne répondais pas à cette demande dans le délai qu'il m'avait indiqué. Seuls les intérêts économiques de l'auteur étaient donc au premier plan.

L'auteur n'a pas fait de référence à mon rôle de président de la commission de vaccination. Après que j'ai assuré à l'auteur que sa demande serait satisfaite, il m'a relâché. J'ai ensuite immédiatement pris contact avec la police cantonale, qui m'a depuis très bien encadré, ainsi que ma famille effrayée. La protection de ma famille a été ma priorité durant cette phase et bien sûr encore maintenant.

Au-delà de ces informations, je ne m'exprimerai sur cet incident qu'auprès des autorités de poursuite pénale, au moins jusqu'à la clôture de l'enquête pénale. Je ne donnerai aucune information sur l'incident aux journalistes, même si je les rencontre dans un contexte privé ou dans l'exercice de mes fonctions professionnelles.

En ce sens, je vous prie de respecter ma vie privée et celle de ma famille. Cela va de pair avec l'espoir que vous continuerez à ne pas utiliser mon nom et mon image dans vos reportages, ou à ne les utiliser qu'avec beaucoup de retenue, même sans que je doive faire appel aux tribunaux pour cela. Votre réaction à l'émission de l'ordonnance superprovisoire à l'encontre du premier média qui a fait le reportage me conforte dans cet espoir.