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La crise nous a rendus pires

Paul Ackermann

«Nous ne nous réveillerons pas dans un nouveau monde; ce sera le même, en un peu pire.» Dans une lettre rendue publique le 4 mai, Michel Houellebecq fait du Michel Houellebecq. Comme toujours, il résume avec talent le côté le plus déprimant de la situation. Et il l’illustre.

Voilà donc le pire: cette crise ne nous aura pas transformés, elle nous aura rendus davantage nous-mêmes. Jusqu’à la caricature. Elle nous conforte dans nos convictions, nous pousse à voir le monde d’après comme nous rêvions celui d’avant. Les écolos tentent d’imposer une société décroissante en faisant des liens douteux entre coronavirus et climat. Les nationalistes basculent dans la haine de l’autre en exigeant discriminations et frontières étanches. Et la droite devient ultra-libérale, rêvant de nous faire travailler la nuit et le week-end, après avoir accepté avec gourmandise les aides de l’Etat pour faire face à la crise. Quant à Houellebecq, donc, il fait du Houellebecq.

Vous allez penser que j’exagère, que moi aussi je cède à la caricature! Mais considérez les quelques exemples ci-dessous de cet opportunisme d’un nouveau genre, de droite à gauche sur l’échiquier politique:

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