Aux USA, un premier cas de polio depuis près de dix ans 

Image d'illustration. Un agent de santé administre le vaccin oral contre la polio à un enfant à Kandahar, en Afghanistan, le 23 mai 2022. | Keystone / EPA / STRINGER

Ça n’était plus arrivé depuis près de dix ans aux Etats-Unis. Un cas de poliomyélite a été détecté dans l’Etat de New York. L’homme, non vacciné, aurait été infecté par une personne ayant reçu le vaccin oral contre la polio. Comme cette forme de vaccin, sûre et bon marché, n’est plus utilisée aux Etats-Unis depuis plus de vingt — ils lui préfèrent la version injectable —, les autorités estiment que le virus a été importé de l’étranger, rapporte le New York Times.

Pourquoi c’est sérieux. Pour lutter contre cette maladie particulièrement contagieuse qui peut entraîner des paralysies irréversibles (elle n’est endémique plus que dans deux pays, le Pakistan et l’Afghanistan), il n’existe pas de traitement, mais deux vaccins développés dans les années 1950: les vaccins injectable (virus inactivés) et oral (virus atténués). En cas de faible couverture vaccinale, il existe un risque, bien identifié, que les souches vaccinales de virus attenués (forme orale) circulent dans la population et dérivent génétiquement, avec le retour d’un virus pathogène capable de causer des paralysies.

Or l’homme identifié appartiendrait à la communauté juive orthodoxe du compté de Rockland. La couverture vaccinale y serait particulièrement basse, en témoigne une épidémie de rougeole majeure en 2018 et 2019.

Dans le sillage du Covid. Seuls 60% des enfants de deux ans du comté sont complètement vaccinés, alors que le seuil d’immunité collective pour la polio s’établirait autour de 80% de vaccinés, souligne l’OMS. La pandémie de Covid-19 serait en partie responsable de cette situation très délicate: les vaccinations de routine pédiatriques ont été perturbées durant les vagues épidémiques et la désinformation autour des vaccins contre Covid-19 n’a fait qu’augmenter l’hésitation vaccinale.

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