Votre bouteille d'eau en plastique peut-elle vous faire grossir?

Image d'illustration. | Shutterstock / Morinka

La question peut sembler étrange, mais il existerait bien un lien entre bouteille en plastique et prise de poids. C’est du moins la conclusion de recherches récentes menées en laboratoire par l'Université norvégienne des sciences et de la technologie (NTNU) et par l'Université Goethe à Francfort. Parue le 26 janvier dans la revue Environmental Science & Technology, l’étude a analysé 34 objets du quotidien contenant du plastique, comme des pots de yaourt et des bouteilles d’eau. Certaines substances chimiques contenues dans ces plastiques perturberaient le métabolisme et inciteraient le corps à créer davantage de cellules graisseuses; tout en étant également capables d'entraver la manière dont le corps stocke les graisses.

Pourquoi c’est perturbant. Mais comment le plastique des contenants alimentaires entre dans l’organisme? Parce qu’une partie des substances chimiques présentes dans les plastiques migrent dans les contenus – liquides et solides – que nous ingérons. Les chercheurs ont ainsi trouvé 55’000 composants chimiques différents dans les 34 objets usuels étudiés; et ont en identifié 629. Onze de ces substances sont suspectés de perturber le métabolisme humain. Martin Wagner, professeur associé au département de biologie de la NTNU a expliqué dans un communiqué de presse que

«nos expériences montrent que les produits en plastique ordinaires contiennent un mélange de substances qui peuvent constituer un facteur pertinent et sous-estimé de surpoids et d'obésité.»

Recherches préliminaires. Des substances chimiques provenant d'un tiers des produits en plastique étudiés ont contribué au développement des cellules adipeuses cultivées en laboratoire. Les substances contenues dans ces produits reprogramment les cellules précurseuses pour en faire des cellules adipeuses qui prolifèrent davantage et accumulent plus de graisse.

Alors que certains produits en plastique contenaient des substances connues pour perturber le métabolisme, d'autres n'en contenaient pas mais ont tout de même induit le développement de cellules graisseuses. Cela signifie que les plastiques contiennent des substances chimiques actuellement non identifiées qui interfèrent avec la façon dont notre corps stocke les graisses. Johannes Völker, premier auteur de l'étude et affilié au département de biologie de la NTNU, relève:

«Il est très probable que ce ne sont pas les suspects habituels, comme le bisphénol A, qui provoquent ces perturbations métaboliques. Cela signifie que d'autres substances chimiques plastiques que ceux que nous connaissons déjà pourraient contribuer au surpoids et à l'obésité.»

Ces résultats nécessitent de nouvelles études, sur l’humain, et aussi aux niveaux des substances détectées mais pas identifiées pour dresser leur portrait et approfondir nos connaissances sur leurs effets métaboliques.

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