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VIDÉO - Le dopage aux Jeux olympiques expliqué par Astérix

Les Jeux olympiques et le dopage, une longue histoire? Oui. Dès l’Antiquité, des pratiques existent pour améliorer les performances des athlètes. En 2012, lors des Jeux de Londres, 139 sportifs sont contrôlés positifs à des produits dopants, un record. Mais pourquoi se dope-t-on? Comment détecte-t-on le dopage? On répond à ces questions dans cette nouvelle vidéo de PopScience grâce à Asterix et Obélix et à l’aide de Fabien Ohl, sociologue du sport à l’Université de Lausanne.

Une question de morale. Sur les 139 sportifs positifs mentionnés plus haut, 46 concouraient sous la bannière russe. Quelques années plus tard éclate le scandale du dopage d’Etat en Russie, notamment lors des JO de Sotchi en 2014. Le Comité international olympique prend alors la décision de punir la délégation russe, qui ne sera pas représentée lors des Jeux de Tokyo cette année. Les 335 athlètes russes devront participer sous bannière neutre.

Malgré ces sanctions, le dopage ne va pas disparaître. Mais qu’est-ce qui pousse les sportifs à l’usage de telles pratiques? Fabien Ohl distingue trois types de sportifs:

  • Les sportifs déterminés, «pour qui il est extrêmement important de gagner, à tout prix».

  • Les sportifs vulnérables: «Il faut savoir que les carrières sportives sont courtes, précaires, qu'on est en concurrence et donc on peut être vulnérable notamment parce qu'on pense que les autres trichent».

  • Les sportifs mal informés: «Il y a quand même beaucoup de cas de dopage liés à des compléments alimentaires donc des gens qui n'ont pas contrôlé les contenus de ces compléments.»

A Tokyo, tous dopés? Comme le disent les Gaulois, dans Astérix aux Jeux olympiques, «la potion magique, c’est une question de dosage». Malgré ça, la délégation gauloise est positive aux tests à l’issue des premières épreuves. Risque-t-on de voir des sportifs sous «potion magique» à Tokyo? Pas vraiment répond Fabien Ohl:

«Pendant les grandes épreuves, les athlètes évitent de se doper. Donc très souvent, c'est pendant la préparation qu’ils vont se doper, améliorer leurs performances, pour être prêts le jour J.»

Dès l’Antiquité, on observe certains rituels avant de rentrer dans l’arène. On mange certaines viandes, consomme certaines plantes. On boit aussi de l’alcool, parfois. Les produits dopants contemporains sont bien différents: des drogues récréatives aux stéroïdes anabolisants mais aussi testostérone, hormones de croissance et EPO. Et le progrès ne s’arrête pas puisque l’ARN messager, technique utilisée par une partie des vaccins contre Covid-19, pourrait également avoir son rôle à jouer dans le dopage des sportifs.

C’est pour cela que la définition et les codes du dopage sont en constante évolution:

  • Jusqu’en 1960, il n'y a pas de définition très précise. «Il faut attendre 1965 pour avoir une définition mais elle est encore relativement flottante», détaille Fabien Ohl.

  • Ensuite c'est vraiment le changement d'échelle: en 1999, l'agence mondiale antidopage est créée.

  • Puis le code mondiale antidopage voit le jour en 2004, pour «unifier les règles de l'antidopage dans les différents pays».

Les débuts de l’antidopage. Une définition plus complète du dopage s’accompagne du développement de l’antidopage et de ses contrôles. Les Gaulois glissent un produit dans la potion magique pour rendre la langue de Brutus bleue. Et la réalité n’est pas si distincte:

«Les Romains se font piéger par rapport à des traces. Les traces, qu’elles soient biologiques, économiques, de transaction, de déplacement, sont utilisées dans la lutte contre le dopage.»

Fabien Ohl poursuit: «On réduit souvent l'antidopage à une prise de sang ou des tests urinaires, mais si on regarde la plupart des cas, ce sont des enquêtes qui s'inspirent des sciences criminelles pour essayer de confondre les personnes qui sont dopées».

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Covid-19, perturbateur de l’antidopage? Pour effectuer tous ces contrôles, les agents de l’agence mondiale antidopage voyagent, lors des séances d’entraînement, pour repérer les traces d’un éventuel dopage des sportifs. Une activité modérément perturbée par la pandémie de coronavirus:

«Ça été compliqué pendant la période de pandémie, parce qu'on pouvait moins facilement se déplacer. On a continué à faire des enquêtes. C'était peut-être un peu plus facile, effectivement, pour les sportifs de se doper.»

Toujours la même question, tous dopés à Tokyo? Non, assure Fabien Ohl. Les contrôles ont tout de même été mis en place, malgré la difficulté liée à Covid-19: «On a eu tendance à exagérer l'effet de la pandémie sur la fin de la lutte contre le dopage. Pas du tout! Ça a continué, avec des adaptations.»

Finalement, c’est peut-être Obélix qui a trouvé la solution au dopage dans le sport:

«Il n'y a qu'à en donner à tout le monde de cette potion! Comme ça tout le monde sera à égalité».