VIDEO - Comment les drogues affectent notre cerveau?

Cannabis, LSD, amphétamines, cocaïne, snus, protoxyde d’azote… Vos parents vous ont sûrement déjà dit qu’il ne faut pas se droguer, que c’est dangereux pour la santé. Mais pourquoi est-ce que c’est si dangereux? On répond à cette question dans ce nouvel épisode de PopScience.

Pourquoi c’est une question intéressante. On peut se poser la question d’autant plus que nous sommes tous naturellement drogués, en fait. Et oui, notre cerveau sécrète naturellement ce que l’on appelle des hormones du plaisir, telles que la dopamine, la sérotonine ou encore les endorphines. On les sécrète par exemple quand on est amoureux, quand on mange une bonne fondue ou encore quand on fait du sport. Ces drogues naturelles, c’est une sorte de ruse de notre cerveau pour nous pousser à nous reproduire, à manger, à bouger, en gros.

Et vous avez remarqué que quand on sécrète ces substances, on se sent euphorique, à la fois zen et plein d’énergie. Cela s’appelle d’ailleurs le système de la récompense. Bien sûr, ces hormones du plaisir sont émises en quantité limitée par le cerveau (parfois en quantité insuffisante d’ailleurs, dans le cas des personnes déprimées).

Quelle solution? La seule façon de produire beaucoup plus d’hormones du plaisir, c’est de prendre de la drogue. Car toutes ces substances psychoactives, comme les appellent les scientifiques, activent la libération d’hormones du plaisir. Plus exactement, elles se fixent sur les récepteurs des hormones naturelles du plaisir. La morphine par exemple se fixe sur les récepteurs des endorphines. Le THC se fixe sur d’autres récepteurs de ce type, les cannabinoïdes.

A cela, on peut se dire: «Quel est le problème de prendre de la drogue? Si on est tous plus heureux, le monde ne s’en portera que mieux!» Certes, mais il y a malheureusement un revers de la médaille. Comme la drogue provoque un sentiment de bien-être, on a envie de consommer à nouveau. Or, sous l’afflux régulier de ces substances psychoactives, les neurones s’adaptent et le circuit de récompense fonctionne différemment.

Une petite dose ne suffit plus à provoquer l’euphorie, il en faut toujours plus, et plus souvent pour obtenir l’effet recherché. On parle alors de dépendance, ou d’addiction.

Encore une fois, où est le problème? Le problème, c’est qu’en plus de modifier le circuit de la récompense, ces substances dérèglent les structures cérébrales qui jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement de notre cerveau, dont la régulation de:

  • notre raisonnement,

  • notre mémoire,

  • nos émotions.

Quand on est sous l’emprise de drogues, notre comportement change, jusqu’à n’être parfois plus adapté à la vie en société.

Et les drogues n’ont pas un effet seulement sur le cerveau, mais sur tout notre corps. Le cannabis augmente le risque de cancer des bronches quand le LSD va créer des hallucinations ou augmenter le risque de troubles cardiaques

Et les effets délétères sur le psychisme et la santé existent aussi bien évidemment pour les drogues légales, comme l’alcool ou la cigarette. D’ailleurs, la consommation d’alcool est particulièrement problématique chez les ados. Si leur corps résiste mieux qu’un adulte à la prise, leur cerveau est beaucoup plus rapidement endommagé.

Sortir de la dépendance aux drogues est un réel challenge, mais c’est possible. Si vous êtes dépendants, tournez vous vers Addiction Suisse par exemple, qui peuvent vous aider. Mais la première chose à faire, surtout, c’est de ne JAMAIS commencer.