| | News

Vaccination des ados: l'OFSP opte pour une recommandation prudente

Des étudiants de l'école cantonale Wiedikon, à Zurich. | Keystone / Gaetan Bailly

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement. L'information a néanmoins un coût, n'hésitez pas à nous soutenir en vous abonnant.

Au tour des ados. Quelques jours après l’homologation du vaccin Pfizer chez les 12-15 ans, l’OFSP et la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) recommandent la vaccination Covid-19 pour les adolescents. Les jeunes deviennent le sixième groupe prioritaire pour la vaccination, annoncent les autorités ce 22 juin.

Une recommandation prudente. Les autorités sanitaires font preuve de prudence, en proposant la vaccination aux adolescents sous réserve d’une évaluation préalable par un médecin. La vaccination est surtout recommandée pour les adolescents à risque et ceux en contact avec des personnes fragiles.

Les détails. La vaccination sera ouverte à tous les adolescents dès 12 ans, sous réserve d’un entretien médical destiné à évaluer la balance bénéfices-risques individuelle. Celui-ci se déroulera «avec les parents ou en présence d’une personne de confiance». Les cantons doivent désormais mettre en œuvre ces recommandations sur le terrain.

La vaccination est recommandée «en particulier»:

  • pour les adolescents «gravement atteints par une maladie chronique», pour éviter une fragilisation additionnelle,

  • pour les adolescents au contact de personnes vulnérables, «en particulier s’il s’agit de personnes immunodéficientes».

Le Pr Christoph Berger, pédiatre infectiologue et président de la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV), en conférence de presse ce 22 juin à Berne:

«L’expérience de la pandémie de Covid-19 a montré que les enfants et les jeunes ne présentent que peu de risques de développer une forme grave de la maladie. À leur âge, la plupart des infections n’entraînent que des symptômes bénins, voire aucun. Cependant, les jeunes doivent également avoir la possibilité de se protéger au moyen d’un vaccin.»

Deux objectifs: se protéger individuellement «contre les formes légères et fréquentes de la maladie ainsi que contre les formes très rares mais sévères», et protéger l’entourage.

Intérêt individuel. Dans l’immense majorité des cas, les jeunes souffrant de Covid-19 ont des symptômes inexistants ou bénins. Quelques exceptions mentionnées par la CFV, qui peuvent justifier la vaccination:

  • Les jeunes infectés par Covid-19 sont à risque de syndrome inflammatoire multisystémique (PIMS), qui nécessite une prise en charge hospitalière (en soins intensifs pour la moitié d’entre eux) et peut mettre en jeu le pronostic vital.

Ces événements, un peu plus fréquents chez les enfants que les adolescents, sont rarissimes dans l’absolu: l’OFSP en comptabilise une centaine en Suisse.

  • Les jeunes peuvent aussi être victimes de Covid-19 long, dont la fréquence est encore très mal connue. La CFV estime qu’il est moins fréquent que chez les adultes (chez qui il pourrait concerner 10% des malades, chiffre à prendre avec prudence).

Autre bénéfice personnel de la vaccination mentionné par la CFV: ne pas être exposé aux conséquences indirectes de la maladie, du fait de l’isolement ou de la quarantaine-contact – dont les personnes vaccinées sont dispensées.

Les effets indésirables. Christoph Berger (CFV), sur les réactions communes aux vaccins:

«Les réactions du système immunitaire chez les jeunes sont tendanciellement plus fortes que chez les adultes et aînés. Mais c'est normal, et il faut simplement bien les prévenir.»

Les données recueillies en essai clinique, mais aussi sur le terrain depuis que les Etats-Unis ont autorisé la vaccination des adolescents (3 millions de doses), font état d’un profil de tolérance «analogue à celui des 16-25 ans», précise encore la CFV.

Symptômes fréquents: douleurs au point d’injection, fatigue, maux de tête, frissons, douleurs musculaires ou articulaires, fièvre... Cette réaction dure normalement entre un et trois jours et s’avère en moyenne plus forte après la seconde dose.

La CFV estime que les effets indésirables graves (susceptibles de nécessiter une hospitalisation), bien que très peu probables, «ne peuvent être exclus avec certitude pour l’instant, au regard du nombre de personnes vaccinées dans les essais cliniques».

Comme Heidi l’écrivait début juin, l’essai de validation du vaccin Pfizer chez les 12-15 ans a eu lieu sur 2260 volontaires, ce qui ne permet pas d’évaluer la fréquence d’événements indésirables très rares par nature (moins de 1 cas sur 1000 ou 10'000).

L’entretien médical préalable à la vaccination des adolescents aura notamment pour rôle de définir si une vaccination immédiate se justifie (du fait d’une balance bénéfices-risques clair), ou s’il est plus opportun d’attendre pour disposer de plus de recul sur les effets rares au sein de cette population.

En pratique.

  • La vaccination des adolescents sera gratuite, et nécessitera un entretien médical préalable.

  • Seul le consentement de l’adolescent sera obligatoire, mais les autorités appellent à privilégier le dialogue avec les parents.

  • Contrairement aux adultes, les adolescents ne verront pas leur accès à certains lieux conditionné à la possession d’un certificat Covid-19 en cours de validité.

Tableau de bord climat

Un suivi interactif des grands indicateurs du dérèglement climatique et de ses solutions.