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Tour des cantons romands qui renforcent les mesures anti-Covid

Une enseignante distribue du gel hydroalcoolique aux élèves portant un masque à l'entrée d'une classe lors de la rentrée scolaire dans le canton de Vaud, lundi 23 aout 2021 au Gymnase de Bussigny. | Keystone / Jean-Christophe Bott

Cet article est mis à jour régulièrement en fonction des annonces cantonales sur le renforcement des mesures sanitaires dans la lutte contre Covid. Mise à disposition gratuitement pour comprendre l'évolution actuelle de l'épidémie, cette information a néanmoins un coût, n'hésitez pas à nous soutenir en vous abonnant.

Le Conseil fédéral l’a annoncé le 24 novembre: c’est aux cantons de prendre des mesures sanitaires supplémentaires pour endiguer l’évolution de l’épidémie. Retrouvez dans cet article les différentes annonces des cantons romands et les décisions prises. Ce 25 novembre, les mesures annoncées diffèrent, mais une coordination est en cours pour adopter des mesures supplémentaires.

D’une manière générale, tous les cantons romands rappellent l’importance de respecter les gestes barrières: masque à l’intérieur, aération régulière des locaux, hygiène des mains, distance sociale.

Neuchâtel

Le niveau d’alerte cantonale passe au orange et le port du masque sera obligatoire dès lundi 29 novembre dans les espaces clos accessibles au public (musées, cinémas, salles de spectacles, lieux de culte, etc.) ainsi que dans les institutions de soins (personnel et visiteurs). Bars et restaurants, de même que les activités sportives et culturelles ne sont pas concernées.

Le Conseil d’Etat recommande aussi «fortement» le télétravail. Il rappelle:

«La mobilisation de chacun·e, vacciné·e ou non, est nécessaire pour ralentir la propagation du virus et prévenir le danger qui pèse sur le système de santé. C’est au prix de ces efforts que la fin d’année, et plus particulièrement la période des fêtes, pourront être envisagées plus sereinement.»

Pour ce qui est des écoles, Neuchâtel s’en remet au plan de protection régulièrement mis à jour. Et de conclure:

«Le Conseil d’Etat procédera à un nouvel examen de la situation dans le courant de la semaine à venir et envisagera au besoin de nouvelles mesures. Il considère néanmoins que si des mesures beaucoup plus contraignantes s’avèrent justifiées, celles-ci devront être adoptées au niveau fédéral et pour l’ensemble du pays.»

Valais

Le canton, qui juge sa situation «critique», a choisi, vendredi 26 novembre déjà, de durcir les mesures qu’ils avait annoncées la veille. Il a notamment décidé d’opter pour la politique dite des 3G pour les rencontres privées de plus de dix personnes (les moins de 17 ans ne comptent pas dans les dix), qui nécessiteront dès le lundi 29 novembre un certificat Covid. Une mesure valable jusqu’au 17 décembre.

Le port du masque est en outre obligatoire dès 12 ans dans les lieux clos accessibles au public, ainsi que les manifestation à l’intérieur et les marches.

Le pass ne suffira plus non plus dans les théâtres, salles de spectacles, restaurants et cinéma, où le masque est de rigueur. Les bars et discothèques sont exemptés mais doivent procéder à un traçage systématique de leurs clients.

Comme à Genève, le port du masque est obligatoire dans les espaces clos des lieux de travail, «sauf si l’employé travaille seul dans un bureau». Le Conseil d’Etat recommande fortement le télétravail.

Dans les salles de sport et de fitness, ainsi que dans les lieux de bien-être, le port du masque sera imposé lors des déplacements, mais pourra être enlevé au moment de l’activité physique.

Le masque ne sera par contre pas exigé dans les écoles publiques et privées, les écoles de musique, les structures d'accueil extra-familial, ainsi que dans les discothèques, bars et boîtes de nuit qui permettent la consommation debout. Dans ces endroits, les plans de protection actuellement en place restent en vigueur.

Les mesures actuellement mises en place pour les remontées mécaniques restent en vigueur, à savoir le port du masque dans toutes les installations fermées telles que cabines ou télésièges à bulle et les bâtiments.

Jeudi 25 novembre, le Valais avait annoncé deux nouvelles mesures:

  • Présentation du certificat Covid pour accéder aux hôpitaux, cliniques, EMS, foyers de jour et institutions sociales, dès le 29 novembre.

  • Tests de dépistage hebdomadaires dans les classes du secondaire I à nouveau instaurés, dès début décembre et jusqu’au 21 janvier au moins

Concernant les écoles, il n’est toujours pas question d’une obligation du port du masque, sauf en cas de clusters dans les classes. Le canton avait déclaré:

«Il sera également recommandé aux élèves d’une classe touchée par le virus de limiter leurs activités sociales (activités extrascolaires, sportives, musicales, culturelles, etc.). Le port du masque dans les transports scolaires est instauré pour les plus de douze ans.»

La situation. En deux semaines, le nombre de personnes dépistées positives est passé d’une moyenne de 67 à 178 cas par jour. L’incidence sur sept jours pour 100’000 habitants est passée de 134 à 358. Les hospitalisations Covid ont elles triplé, passant de 18 à 54.

La vaccination. Les personnes éligibles peuvent recevoir la dose de rappel depuis mi-novembre. La protection pour les 65 ans et plus et les personnes à risque est encore trop faible. Le canton explique également que:

«Le taux de vaccination de la population totale n’est pas suffisant pour enrayer efficacement la propagation du virus. En Valais, il atteint 67% au 21 novembre. Chez les plus de 16 ans, le taux de personnes vaccinées avec au moins une dose se monte à 78%.»

Une campagne d’information sera organisée pour sensibiliser les personnes éligibles à la dose de rappel et le personnel soignant à l’importance de ce rappel. Les capacités de vaccination seront également augmentées.

L’hôpital. Face à la hausse des hospitalisation, les autorités cantonales, avec l’Hôpital du Valais, préparent «un dispositif permettant de répondre à une augmentation des hospitalisations dues au Covid-19». Si la situation se dégrade rapidement, l’activité élective sera limitée voire suspendue.

L’école. Le but est d’éviter des fermetures, des quarantaines et le port du masque généralisé. Pour que les cours en présentiel puissent se poursuivre dans le secondaire I, le canton mise sur des tests réguliers hebdomadaires pour «détecter les cas positifs et les isoler».

La gestion des clusters sera renforcée. A ce sujet, le canton adopte une stratégie spécifique, comme elle le souligne dans son communiqué de presse du 25 novembre:

Jura

Le canton, qui avait déjà prononcé des mesures mardi 23 novembre, va encore serrer la vis ce lundi 29 novembre. Il limite à 10 personnes les réunions privées sans certificat Covid (30 précédemment), celles dont l’accès étant conditionné à la présentation du pass restant possibles sans limitation du nombre de personnes. Une mesure qui durera jusqu’au 17 décembre et «sera réévaluée en prévision des fêtes de fin d'année».

Le port du masque sera également à nouveau obligatoire dans les lieux fermés jusqu'au 24 janvier 2022. Cela concerne tous les espaces clos accessibles au public «ainsi que les espaces fermés des lieux de travail dès qu'il y a deux personnes», y compris «pour les lieux et les manifestations qui imposent un certificat Covid».

Le Jura, qui recommande «vivement» le télétravail, a clarifié les mesures concernant les écoles. Il avait décidé d’imposer le port du masque aux élèves et enseignants du secondaire I et II «dès la détection d’une personne positive dans une classe ou un module». Cela vaut aussi pour les cours de chant et d'éducation physique.

Et de préciser: «Lors d'une activité culturelle ou sportive en général, les activités sans masque et sans certificat restent possibles pour les groupes de moins de 30 personnes qui se réunissent régulièrement et qui sont clairement identifiables.»

Par ailleurs, la présentation du certificat Covid sera requise pour se rendre dans les institutions de santé et de soins, et ce dès l’âge de 12 ans.

Genève

Genève a innové: à compter de ce lundi 29 novembre, le port du masque sera obligatoire sur tous les lieux de travail du canton, publics mais aussi privés. Il s’agit de la mesure la plus spectaculaire présentée par le conseil d’Etat.

Cette décision, qui a pour base légale la Loi sur le travail et le devoir pour l’employeur de protéger la santé des collaborateurs, s’inscrit dans une obligation plus générale du port du masque dans tous les lieux en espace clos, comme en a aussi décidé Lucerne. Serge Dal Busco, président du Conseil d’Etat:

«Nous constatons une évolution défavorable des paramètres épidémiques. La situation est préoccupante car il s’agit ici d’une évolution exponentielle. Avec ses décisions, le Conseil d’Etat poursuit deux objectifs. D’abord préserver notre système sanitaire, puis éviter de devoir prendre des mesures beaucoup plus drastiques.»

A Genève, dès le lundi 29 novembre, le masque sera donc de rigueur partout à l’intérieur, y compris dans des endroits dont l’accès est conditionné au certificat Covid. «Qui n’est qu’une photographie mais qui ne confère aucune protection en soi», rappelle Mauro Poggia, le ministre en charge de la santé.

Cet arrêté concerne bien entendu aussi les lieux de formation. Ainsi le masque sera obligatoire pour tous dans les écoles à partir du cycle d’orientation et uniquement pour les adultes à l’école primaire. Il est également valable pour les trajets en voiture du moment où deux personnes de foyers différents y prennent place.

Il existe toutefois des exemptions, comme:

  • Les discothèques, où «les masques ne servent à rien car ils deviennent vite humide, sont mal portés et ne remplissent rapidement plus leur fonction», explique Mauro Poggia. Toutefois, les discos sont soumises à une règle supplémentaire par rapport, par exemple, aux restaurants: celle du relevé systématique des identités des personnes.

  • Les cafétarias au moment des repas, du moment où l’on ne se déplace pas.

  • Les sports d’intérieur.

  • Et, bien entendu, les moins de 12 ans.

Le Conseil d’Etat genevois, à l’instar d’autres exécutifs, affirme qu’il va durcir les contrôles. Mauro Poggia a même lancé, en conférence de presse, un appel à la délation des restaurants qui n’appliqueraient pas les règles:

«C’est un devoir citoyen. Si vous constatez, dans un restaurant, qu’on ne contrôle pas votre certificat ou votre identité, vous devez être convaincu que votre sécurité n’est pas assurée. Je ne peux alors que vous encourager à quitter les lieux et à le faire savoir.»

Vaud

Le Conseil d’Etat vaudois a ouvert le bal ce 25 novembre au matin. En substance, le port du masque est réintroduit au secondaire I (9e à 11e années) et il est fortement recommandé au primaire (1re à 8e) pour les enseignants dès lundi 29 novembre, et jusqu’au vacances de fin d’année. Les personnes de 65 ans pleinement vaccinées seront invitées par SMS ou courrier à aller recevoir une dose de rappel. Ce «booster» sera également ouvert au personnel soignant (unités Covid, soins intensifs, gériatrie, patients immunosupprimés) et dans les EMS.

Le télétravail obligatoire n’est pas envisagé pour l’heure, mais pourrait l’être si la situation s’aggravait. Idem pour le port du masque à l’intérieur: il est fortement recommandé, mais pas obligatoire dans les lieux où le certificat Covid est exigé. Pour Béatrice Métraux, Conseillère d’Etat en charge de la sécurité:

«Il faut faire preuve de bon sens. Lorsqu’on se retrouve dans un espace densément occupé, le masque est utile.»

La situation. Les nouvelles mesures sont volontairement «proportionnées à la situation» sanitaire dans le canton. Le Dr Karim Boubaker, médecin cantonal, l’a détaillée lors de la conférence de presse du Conseil d’Etat:

  • Les nouvelles contaminations sont en hausse dans le canton et cela rend le travail des équipes de traçage des contacts plus difficile. Le médecin cantonal s’attend ainsi à ce que la hausse se poursuive.

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  • Les nouvelles infections concernent actuellement toutes les classes d’âge, ce qui était très différent cet été: les 10-39 ans étaient alors plus concernés.

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  • Le nombre de patients hospitalisés chaque jour augmente, mais la situation demeure gérable, bien qu’elle se fragilise. Les unités de soins intensifs se remplissent, mais grâce à une répartition cantonale des patients Covid nécessitant des soins aigus, la situation demeure là encore supportable. Le taux de lits d’hôpitaux vides est actuellement faible.

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La vaccination. Rebecca Ruiz, conseillère d’Etat en charge de la santé, souhaite avant tout éviter de revivre la situation de fermeture de l’automne 2020 et minimiser les atteintes aux libertés individuelles. Elle se dit confiante de pouvoir y arriver grâce, notamment, au bon taux de vaccination de la population vaudoise.

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Avec plus de 80% de personnes éligibles vaccinées, «cela change les perspectives, a-t-elle relevé. Cette bonne couverture vaccinale et le taux de séroprévalence d’environ 7 à 8%, selon les chiffres non encore publiés datant de mi-octobre, le système de santé est en meilleure posture que l’an dernier».

Il reste néanmoins que le «bassin de recrutement du virus est encore vaste», souligne Rebecca Ruiz. En outre, les 65 ans et plus déjà éligibles pour la dose de rappel ne sont que 36% à s’être inscrits ou à avoir reçu l’injection. Une action personnalisée d’envoi de SMS et de courrier sera entamée la semaine prochaine pour inviter le reste de cette population à recevoir la dose de rappel.

Le canton ne peut pas augmenter fortement les capacités hospitalières avec des équipes soignantes épuisées. La situation est d’autant plus délicate que les aînés doublement vaccinés depuis plus de six mois tombent à nouveau malades. Il faut donc pour le canton éviter que les médecins soient contraints de trier les patients à l’hôpital. Il en va de même pour les opérations électives: le report doit être évité. Rebecca Ruiz:

«Je ne veux pas devoir renoncer à nos libertés individuelles parce que des gens non vaccinées occupent des lits d’hôpital. La proportion actuelle de patients non vaccinés à l’hôpital est importante. Cela met aussi en danger l’ensemble du système de santé, aussi pour les personnes souffrant d’autres maladies que le Covid.

De plus, renforcer les mesures pour l’ensemble de la population pourraient pousser les personnes qui se sont montrées solidaires en se vaccinant à se rebiffer. J’invite donc vraiment les plus de 65 ans à s’inscrire pour la 3e dose et les moins de 65 ans à s’inscrire dès que ce sera possible.»

L’école. C’est dans ce cadre que les mesures sont véritablement renforcées. Cesla Amarelle, conseillère d’Etat en charge de la formation, a expliqué la stratégie déployée dans les lieux de formation:

«Nous voulions alléger les mesures à l’école, mais la situation sanitaire nous pousse à les renforcer. Notre but est d’éviter la fermeture des classes. Les quarantaines ne sont plus envisageables depuis début octobre. Nous avons donc mis en place un système de dépistage ciblé et de surveillance qui fonctionne bien.»

Ce système consiste en un monitorage de la situation sur l’ensemble du canton deux fois par jour. Système qui existe depuis la rentrée scolaire 2020-2021. Dès que deux élèves sont positifs dans une classe en cinq jours consécutifs, une évaluation est ordonnée, suivie d’une enquête et de tests ciblés. Depuis le 22 novembre, 36 classes et environs 720 élèves ont été testés. La vigilance va être renforcée.

Les contrôles. Enfin, les contrôles liés au respect du certificat Covid dans les établissements de nuit, les grandes manifestations, les fitness, les commerces et les restaurants seront renforcés.

Fribourg

Il faudra montrer un certificat Covid pour pénétrer dans un établissement de santé du canton. Il s’agit des hôpitaux, cliniques, EMS, services de soins à domicile, maisons de naissance ou foyers pour handicapés ou pour personnes souffrants d’addiction.

Contrairement à Vaud ou Genève, Fribourg n’a pas prononcé d’obligation du masque dans les écoles. Toutefois, obligation il y aura pour les enseignants et les élèves si un cas est détecté dans une classe à partir de la 5P. Si des cas sont avérés dans plusieurs classes d’un établissement, le masque sera requis pour toute l’école durant dix jours. Par ailleurs, une mise en quarantaine sera effectuée dès trois cas par classes.

Berne

Pour faire face à «la forte détérioration de la situation épidémiologique», le canton de Berne a décidé d’étendre, à partir du lundi 29 novembre et jusqu’au 23 décembre, l’obligation du port du masque «dans tous les lieux clos accessibles au public, lors des manifestations, dans les espaces extérieurs des gares et des arrêts de transport public ainsi que dans les hôpitaux, les homes et les crèches». Et ceci même dans les endroits où la présentation du certificat Covid est requise. Cette extension de l’obligation concerne toutes les personnes à partir de 12 ans.

A l’école, tous les élèves à partir de la 7H (10-11 ans) et tout le corps enseignant doivent porter le masque. Les mesures de protection décidées pour le milieu scolaire sont prévues jusqu’au 24 janvier 2022. Le canton s’en tient en revanche à sa stratégie de dépistage uniquement en cas de flambée dans les établissements, refusant de passer aux tests de masse systématiques.

Cette obligation du port du masque s’étend aux espaces extérieurs et aux salles d’attente des transports publics, y compris les quais. Elle concerne l’ensemble du personnel des crèches, ainsi que le personnel de santé ambulatoire. Il faudra en outre présenter un certificat Covid dès 16 ans pour pénétrer dans les hôpitaux, les EMS, les homes pour personnes avec handicap et les foyers éducatifs.

Le Conseil exécutif encourage par ailleurs le télétravail. Il oblige tout personnel du canton à porter le masque en permanence au travail.

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