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Tokyo 2020: expérimentation Covid extrême

Johann Fleuri, Tokyo

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Lorsque Tokyo fut désignée ville-hôte en 2013, les autorités ont rapidement parlé de «Jeux de la Reconstruction». Deux ans après le grand tremblement de terre du Nord-est, il s’agissait d’insuffler l’espoir. Tokyo 2020 serait la fête de la région cicatrisée du Tohoku. Une bouffée d’optimisme, pour certains. De l’orgueil mal placé face à un Japon toujours endeuillé, pour d’autres. Le Japon avait besoin d’un remontant, d’une lueur au bout du tunnel, me suis-je dit à l’époque.

Les années ont passé, 2020 est arrivée et bien avant la pandémie, le cœur n’était déjà plus à la fête. Neuf ans après le passage meurtrier du tsunami, l’économie du pays est en récession. Une partie de la population de la côte nord-est du Japon vit toujours dans des logements temporaires, une autre se protège encore des émissions de radiation, et l’ensemble peine à redynamiser son territoire. Pour eux, le simple intitulé de «Jeux de la Reconstruction» fait mal. Comment pouvait-on parler de résilience alors que la plaie est encore si béante?

Avec le Covid-19, les espoirs ont soudain dépassé les frontières du Tohoku: Tokyo 2020 devenait un symbole mondial de «la victoire de l’humanité contre la pandémie». Encore une fois, on lui prêtait des pouvoirs magiques de guérison. Au moment du premier report, la population salue une décision sage, exprime un profond soulagement.

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