Submergé de demandes, le service de l'emploi du canton de Vaud ne chôme pas

Christelle Pythoud, juriste au service de l'emploi du canton de Vaud. | Keystone / POOL / Jean-Christophe Bott

Cet article a été produit dans le cadre du pool mis en place par les autorités vaudoises pour couvrir l'actualité du coronavirus, dont Heidi.news fait partie, avec Keystone/ATS et les journaux membres de l'Association Vaud Presse. Il est publié gratuitement et a été rédigé par Chantal Pellaux, journaliste chez Keystone/ATS.

Le Service de l'emploi du canton de Vaud croule sous les demandes de chômage partiel, la fameuse réduction de l'horaire de travail (RHT). Pour faire face, il a dû se réorganiser, former du personnel et travailler le week-end. Visite dans ses locaux à Lausanne.

Pourquoi c’est intéressant. Quelques bureaux occupés, des couloirs souvent vides: c'est aujourd'hui un peu le calme après la tempête. Mais il ne faut pas s'y fier. L'essentiel des employés font du télétravail et il a fallu réaffecter le personnel et se réorganiser en un temps record.

Françoise Favre, cheffe de service de l’emploi:

«Nous avons reçu jusqu'à 1800 demandes de RHT par jour, soit 1500 fois plus que d'habitude. Au début, ces demandes arrivaient par courriers postaux qu'une vingtaine de personnes devaient trier, scanner et envoyer en traitement. Puis, dès avril, le canton de Vaud a innové avec un formulaire 100% en ligne.»

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Françoise Favre, cheffe de service de l’emploi. | Keystone / POOL / Jean-Christophe Bott

Une entreprise sur quatre. Depuis le début du semi-confinement à la mi-mars, une entreprise vaudoise sur quatre environ a requis le chômage partiel. Le canton a reçu 18'610 demandes d'employeurs pour quelque 112'000 salariés. Le service a traité environ 60% de ces demandes à ce jour.

Pour rappel, le chômage partiel – ou technique – permet aux employés de toucher 80% de leur salaire. Le but est de préserver les emplois, d'éviter les licenciements lorsqu'une entreprise n'a plus d'activité temporairement. La démarche se fait en deux étapes:

  1. obtenir une autorisation de principe,

  2. le versement par la caisse de chômage.

Travail à Pâques. Les procédures, assez complexes, ont été simplifiées. Mais un gros travail reste à accomplir pour les services cantonaux. Les effectifs sont mobilisés à 100%, et travaillent désormais le samedi. Philippe Leuba, conseiller d’Etat vaudois:

«Y compris à Pâques. Il a fallu limiter le travail à deux des quatre jours. Certains voulaient travailler plus.»

Christelle Pythoud, juriste:

«Tout le monde est très motivé. On se sent utile à l'économie. Il y a beaucoup d'enthousiasme, même si la matière n'est pas évidente.»

De deux à 100 personnes. Habituellement, deux personnes s'occupent de l'attribution des RHT. Désormais, ils sont une centaine à s'y consacrer entièrement. Il a fallu former, souvent par vidéoconférence, des collaborateurs d'autres secteurs, dont des Offices régionaux de placement (ORP). Philippe Leuba:

«Derrière les RHT, il y a des salaires. Sans ce travail, des gens ne touchent plus un franc et ne peuvent plus vivre.»

L'indépendant, qui n'est pas salarié de son entreprise, doit par exemple se tourner vers les APG (allocations pour perte de gain).

Contrôles. Dans le canton, rien qu'en avril, quelque 400 millions de francs devraient être distribués au titre des RHT. Avec quels contrôles? Les caisses de chômage, qui versent l'argent, réclament les fiches de salaire. Ivana Stano, cheffe de la caisse cantonale:

«Pour l'instant, il y a eu des rectifications, mais pas d'abus.»

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Ivana Stano, cheffe de la caisse cantonale. | Keystone / POOL / Jean-Christophe Bott

Ultérieurement, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) pourra mener des contrôles en entreprise.

Pour les services cantonaux, la charge de travail devrait perdurer pendant plusieurs mois encore même si les premiers signes d'un déconfinement s'annoncent. Philippe Leuba:

«L'économie ne va pas repartir comme ça. Le choc économique sera plus durable que le choc sanitaire.»