Soins infirmiers et Loi Covid: les réactions d'Alain Berset

Alain Berset, le 28 novembre à Berne. | Keystone / Peter Klaunzer

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement, tant ces informations sont utiles pour comprendre l'épidémie. L'information a néanmoins un coût, n'hésitez pas à nous soutenir en vous abonnant.

En fin de journée, le Conseil fédéral a réagi aux résultats des votations de ce 28 novembre. Devant la presse à Berne, Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé, a pris acte de l’acceptation de l’initiative «Pour des soins infirmiers forts» et salué le grand «oui» du scrutin sur la Loi Covid. Les deux objets ont récolté respectivement 61 et 62% des voix.

Loi Covid, le soulagement fédéral

Alain Berset a relevé le score particulièrement élevé pour la loi Covid:

«C’est le plus haut résultat jamais atteint pour un objet accepté par le Parlement soumis au référendum. Et ce avec un taux de participation de 65,7%. C’est la preuve que notre démocratie fonctionne.»

La lutte contre la pandémie va pouvoir se poursuivre. Dès lundi 29 novembre au Parlement qui va, durant cette session d’hiver, se pencher sur une nouvelle modification de la loi Covid. Il s’agira de prolonger les aides et les RHT.

Le deuxième élément qui a réjouit l’exécutif, c’est le fait de pouvoir continuer à utiliser le certificat Covid, «qui ne sera pas prolongé inutilement», a assuré le Fribourgeois.

Lire aussi: Le combat continue pour les Amis de la Constitution malgré le «oui» à la loi Covid

L’outil, jugé utile pour réduire le risque de transmission du coronavirus, sera d’autant plus nécessaire qu’avec l’arrivée de l’hiver et du nouveau variant Omicron, la pandémie est plus imprévisible que jamais. Pour finir, Alain Berset a également tenu à saluer les forces de la démocratie directe du pays et a appelé à l’unité nationale:

«Le virus, il n’a que faire de nos débats démocratiques. Nous devons nous retrouver, tous ensemble, pour lutter contre cet ennemi commun. Que l’on ait voté “oui” ou “non”, cela ne change rien.»

Et de rappeler que les débats vifs sont sains pour la démocratie, mais que la violence, la haine et les menaces n’y ont pas leur place.

Soins infirmiers, tout reste à faire

C’est désormais acquis, les soins infirmiers seront inscrits dans la Constitution. Reste à savoir comment le texte sera interprété et quelles mesures seront prises par le Conseil fédéral (qui doit prendre des mesures transitoires dans les 18 mois) et le Parlement (qui doit élaborer les dispositions exécutant le mandat constitutionnel dans les quatre ans).

Lire aussi: Euphorie chez les infirmières et infirmiers de Suisse

Devant le score sans appel de l’initiative — qui n’était pas soutenu par le Conseil fédéral —, Alain Berset fait bonne figure et indique que son département se penchera sans attendre sur le texte. Le conseiller fédéral réaffirme par ailleurs son soutien aux personnels infirmiers qui effectuent un «un travail indispensable»:

«C’est avec cette décision que le peuple montre son soutien à ces professionnels. Pour le Conseil fédéral et le Parlement, l’accès à des soins de qualité est prioritaire. Il faut un personnel qualifié en suffisance et penser à la formation. En ce sens, le contre-projet, qui n’entrera pas en vigueur, amène des éléments intéressants au niveau de l’offensive dans la formation.»

Que le Conseil fédéral reprenne rapidement les mesures prévues par le contre-projet, c’est précisément la volonté du comité d’initiative «Pour des soins infirmiers forts». Le texte prévoyait notamment un investissement d’un milliard de francs sur huit ans pour la formation. Mais à ce stade, Alain Berset ne promet rien. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur les mesures qui seront prises, tranche-t-il.