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Rebecca Ruiz, le vaccin, le masque et la liberté bientôt retrouvée

Rebecca Ruiz, conseillère d'Etat vaudoise en charge de la santé. | Keystone / Laurent Gilliéron

Le canton de Vaud a créé la surprise en ouvrant la vaccination à tous les adultes lundi 26 avril. Dès l’ouverture du site coronaVax, les rendez-vous ont été pris d’assaut. De quoi rassurer les autorités sanitaires cantonales sur la stratégie vaccinale, rapidement copiée par plusieurs cantons, mais aussi critiquée par d’autres.

Pourquoi on en parle. Vacciner le plus vite possible permettra aussi d’en finir le plus rapidement possible avec la crise, comme le souligne régulièrement Rebecca Ruiz, conseillère d’Etat vaudoise en charge de la santé. En finir avec la crise signifie également pouvoir à terme supprimer les mesures sanitaires: port du masque, distance, réunions en petits comités. Quand est-ce que cela sera possible? Et combien de temps la population sera encore prête à jouer le jeu? Heidi.news fait le point avec Rebecca Ruiz.

Heidi.news – J’aimerais revenir sur le choix d'ouvrir la vaccination à tous en même temps selon le principe du premier arrivé premier servi. Cela signifie que des jeunes peuvent passer devant des personnes de plus de 50 ans. Pourquoi opter pour cette solution sachant que ce sont les patients Covid 50-65 ans qui occupent le système hospitalier actuellement?

Rebecca Ruiz – Tout simplement parce que deux-tiers des 50 ans et plus ont déjà leurs rendez-vous en vue de la vaccination dans le canton ou le sont déjà. La couverture vaccinale de cette tranche d’âge sera donc importante. Il en va de même pour les malades chroniques à haut risque qui sont désormais 93% à être vaccinés. De plus, le taux de vaccination pour les 65-75 ans est de 60% et deux-tiers des 75 ans et plus sont aussi vaccinés. Je constate donc simplement que face à cette bonne couverture vaccinale, il était temps de l’ouvrir à tous les plus de 18 ans, d’autant plus que nous avions des places à disposition.

Les jeunes, soit les 18-50 ans, ont fait preuve de patience, mais beaucoup désirent se faire vacciner dans cette tranche d’âge. On le voit d’ailleurs très bien: tous les rendez-vous disponibles pour le mois de mai ont été réservés très rapidement.

J’aimerais encore souligner que les plus jeunes subissent la situation et ses restrictions depuis des mois: ils ne peuvent plus sortir, plus aller en cours, plus faire la fête. On voit aussi que c’est dans cette tranche d’âge que le virus progresse. D’un point de vue de santé publique, il faut maintenant freiner la circulation du virus chez eux, comme on a réussi à le faire chez les aînés. Ils méritent de retrouver une vie normale le plus vite possible.

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