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Qu’arrive-t-il aux corps des personnes décédées du Covid-19 à l’hôpital?

Dans la morgue des HUG, les corps sont placés dans des grandes fourres en plastique blanches. | Keystone / Salvatore Di Nolfi

Le 24 février 2020, la Suisse enregistrait la première infection à Sars-CoV-2 et, le 5 mars, le premier décès de Covid-19. En un an, les séniors ont payé le plus lourd tribut: prise en charge, EMS, hôpitaux, isolement, décès, deuil... Qu'a fait la Suisse pour ses aînés? Ont-ils été bien protégés, soignés, respectés? Dans la maladie comme dans la mort? Dans cette série d'articles, Heidi‧news tente d'apporter des réponses et revient sur une année forte en émotions.

En une année, 9240 personnes atteintes du Covid-19 sont décédées en Suisse. A chaque décès son numéro et sa statistique, un +1 dans les journaux du lendemain. Et puis… rideau. Mais tort à ceux qui penseraient que le chemin s’arrête là. Du lit d’hôpital à la mise en terre ou au crématoire, toute une série d’étapes marquent l’après fin de vie. Qu’arrive-t-il aux corps des personnes décédées du Covid-19?

Avec qui on en parle. Le Dr Johannes Alexander Lobrinus, médecin adjoint responsable d’unité au Service de pathologie clinique des HUG, est responsable des autopsies d’adultes et de la morgue où transitent les personnes décédées de mort naturelle. Il nous raconte le parcours des corps des patients Covid-19 dont la mort est survenue à l’hôpital et le travail abattu au sein de la morgue sur l’année écoulée.

Heidi.news — Une fois le patient Covid-19 décédé sur son lit d’hôpital, quel est son parcours jusqu’à sa sortie des HUG?

Johannes Alexander Lobrinus — Dans le cas le plus fréquent, il n’y a pas d’autopsie. Le patient décède en unité de soins, aux soins intermédiaires ou aux soins intensifs, et est transporté à la morgue de l’hôpital situé dans le bâtiment du CMU. Cette morgue fait partie du Service de pathologie clinique et accueille les patient(e)s décédé(e)s de mort naturelle, y compris du Covid-19. En revanche, les personnes décédées de mort non naturelle ou de cause indéterminée, sont prises en charge par la Médecine légale.

A son arrivée à la morgue, le corps est placé dans une grande housse blanche à fermeture éclair. A l’époque de la première vague, il y a eu un long débat entre les médecins des HUG, le service du médecin cantonal et les pompes funèbres sur la nécessité de la housse. D’un point de vue médico-scientifique, nous estimons que cette mesure n’est pas absolument nécessaire, mais les pompes funèbres y tiennent, encore aujourd’hui, pour des questions de sécurité et de manutention.

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