| | Analyse

Pourquoi la mort a disparu à la faveur de l'épidémie de Covid-19

Image d'illustration. | Shutterstock / Cristina Conti

Le 24 février 2020, la Suisse enregistrait la première infection à Sars-CoV-2 et, le 5 mars, le premier décès de Covid-19. En un an, les séniors ont payé le plus lourd tribut: prise en charge, EMS, hôpitaux, isolement, décès, deuil... Qu’a fait la Suisse pour ses aînés? Ont-ils été bien protégés, soignés, respectés? Dans la maladie, dans la mort, comme dans la vie? Dans cette série d'articles, Heidi.news tente d’apporter des réponses et revient sur une année forte en émotions.

En 1977, l’historien Philippe Ariès écrit en conclusion de L’homme devant la mort: «Mais comment expliquer la démission de la communauté? Bien plus, comment en est-elle venue à renverser son rôle et à interdire le deuil qu’elle avait mission de faire respecter jusqu’au XXe siècle? (…) D’abord parce qu’elle ne pensait plus nécessaire de se défendre contre une nature sauvage désormais abolie, humanisée une fois pour toutes par le progrès des techniques, médicales en particulier. Ensuite, elle n’avait plus un sens de solidarité suffisant.» Aujourd’hui, ces mots résonnent presque de manière prophétique et font écho à la situation actuelle. La pandémie de Covid-19 a largement contribué à accentuer un phénomène amorcé il y a plus d’un siècle: l’escamotage de la mort de la vie quotidienne, de l’espace public et des médias.

Pourquoi on vous en parle. A presque un an du premier décès des suites de Covid-19 en Suisse, un bilan autour de la manière dont notre société a appréhendé la mort, devenue à la fois plus proche et plus lointaine, se dessine. Entre contraintes sanitaires restreignant les adieux aux défunts et banalisation de ces décès que l’on ne veut, que l’on ne peut plus voir, la mort a quasiment disparu.

Cet article est réservé aux abonnés.