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Pourquoi, 40 ans après, n’y a-t-il toujours pas de vaccins sida?

L'essai du vaccin RV144 contre le HIV mené en Thaïlande de 2003 à 2009 est le seul à avoir montré une quelconque efficacité mais faible et pas durable. | AP

Le 5 juin 1981, le CDC, l’organisme de santé publique des Etats-Unis, décrit dans sa revue Morbidity and Mortality Weekly Report une recrudescence de cas d’une forme de pneumonie dans une communauté d'homosexuels à Los Angeles. Les origines de la maladie sont plus anciennes et discutées. Mais c’est à ce moment-là que démarre officiellement la pandémie de sida. Elle dure depuis 40 ans et a fait environ 40 millions de morts.

Le virus VIH à l’origine de cette maladie a, jusqu’à présent, déjoué toutes les tentatives de vaccin, même si la maladie peut être mieux gérée aujourd’hui avec des antiviraux. Les nouvelles approches développées contre le coronavirus, comme les vaccins à ARN, seront-ils de nature à permettre enfin un vaccin contre le VIH?

Pourquoi ce n’est pas gagné. Contrairement à la rougeole ou à la varicelle, personne ne guérit naturellement du sida. Le virus VIH reste présent dans l’organisme de manière latente. Qui plus est, il s’attaque au principal mécanisme de défense de l’organisme, celui-là même que stimulent les vaccins: le système immunitaire. Il mute aussi énormément, si bien que le nombre de souches est incroyablement élevé et même individualisé chez les patients. Enfin, les protéines de l’enveloppe du VIH que pourraient reconnaître des anticorps sont très difficiles à atteindre. Des approches avec des anticorps ciblant plusieurs régions du virus à la fois sont cependant en développement. Et ces anticorps à large spectre pourraient être induits par des ARN messager.

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