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«Pour éviter les dérives, repensons la hiérarchie au sein des hôpitaux»

Image d'illustration. | Shutterstock / Alexxndr

L'enquête d’Heidi.news sur le service de radiologie des HUG a suscité des débats sur la gestion des services hospitaliers. Sans commenter ce cas particulier dont il précise ne jamais avoir eu connaissance, Omar Kherad, chef du service de médecine interne à l’Hôpital de La Tour, développe une réflexion critique sur le système de management dans les hôpitaux suisses, qu’il invite à repenser. 

Heidi.news — Vous vous intéressez depuis longtemps aux systèmes de management dans les hôpitaux. Qu’est-ce qui vous interpelle dans le modèle suisse?

Pr Omar Kherad Le mode de fonctionnement helvétique est très différent du modèle anglo-saxon. En Suisse, l’écosystème hospitalier est bâti sur une hiérarchie pyramidale qui repose sur un médecin chef, à la tête d’un service. Le processus de nomination est transparent et exécuté consciencieusement, mais ce système signifie qu’on mise sur une seule personne pour assumer des tâches de clinicien, de chercheur, de manager et de formateur. Ce qui fait beaucoup pour un seul et même individu, aussi brillant soit-il.

Il y a des excellents médecins qui sont de piètres managers et d’excellents managers qui ne sont peut-être pas les chercheurs ou les cliniciens les plus accomplis. Par ailleurs, dans le monde académique, une plus grande importance est accordée aux compétences de recherche qu’aux compétences managériales.

Quelles sont les conséquences?

Malgré des garde-fous, ce modèle du médecin chef n’est pas assorti d'un système de contrôle et d'évaluation très performant, notamment en ce qui concerne la limitation du nombre de mandats. C’est une structure qui prédispose aux luttes de pouvoir, aux guerres d’égo et qui peut conduire à des mauvaises gestions, alors même qu’en tant que soignants nous devrions être exemplaires. Or, bien naïfs sont ceux qui pensent que le monde médical est épargné de maltraitance et de harcèlement moral. Par peur des représailles, la personne harcelée et l'entourage du harceleur ont de surcroît de la peine à dénoncer ces abus.

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