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Pour décrypter l’asthme nocturne, ils sont restés 38 heures isolés du monde

Image d'illustration. | Pixabay / coltsfan

Les personnes asthmatiques le savent: la nuit, les crises sont plus graves. Ce qu’on ne sait pas, c’est pourquoi. Depuis des années, les chercheurs émettent des hypothèses autour des mécanismes de l’horloge interne, du sommeil, de la position du corps, du comportement ou même des acariens présents dans la literie. Une série d’expériences américaines étonnantes, publiée mi-septembre dans PNAS et relayées par Wired, montre qu’effectivement, le rythme circadien — notre horloge biologique qui régule notamment les hormones et le rythme cardiaque sur un cycle d’environ 24 heures — joue un rôle conséquent.

Pourquoi c’est intéressant. Il est extrêmement complexe d’identifier les causes de l’asthme nocturne, car les facteurs suspectés s’influencent. Départager les mécanismes qui relèvent de notre horloge biologique interne et non de facteurs exogènes tels que la lumière et l'obscurité, les heures de repas et les horaires de travail est un véritable casse-tête, explique Wired.

Pour comprendre pourquoi les inhalateurs sont plus utilisés la nuit, les chercheurs ont donc purement et simplement supprimé tous les facteurs qui rythment la vie quotidienne, afin d’observer si le rythme circadien seul a une influence sur la gravité des crises. Les 17 participants, asthmatiques, sont restés 38 heures dans une pièce sans fenêtre, sans dormir, en mangeant toutes les deux heures un petit sandwich et sans se lever du lit.

Les chercheurs concluent que le rythme circadien influence bel et bien les crises «indépendamment de tout autre comportement, que les personnes soient endormies ou éveillées». Les cycles hormonaux du cortisol et de la mélatonine, eux-même dépendant du rythme circadien, pourraient être impliqués.

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