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Merck partage le brevet de sa pilule anti-Covid-19 avec les pays pauvres

Keystone / AP / Merck & Co

Le laboratoire américain Merck, qui s’apprête à commercialiser le premier antiviral oral contre Covid-19 (molnupiravir), a accepté de partager ses droits de propriété intellectuelle. Le contrat signé avec l’ONG Medicine Patent Pool (MPP), organisation des Nations unies basée à Genève, permettra de commercialiser le médicament à prix abordable dans 105 pays à revenus faibles ou intermédiaires, via des contrats noués avec d’autres fabricants. Aucune redevance ne sera versée aux propriétaires du brevet (Merck, Ridgeback et l’Université Emory), d’après l’accord rendu public. Une décision inhabituelle, comme ne manque pas de le remarquer le Washington Post, qui s’en fait l’écho.

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Pourquoi c’est important. D’après les premiers résultats d’essais cliniques, le molnupiravir permet de réduire de moitié le risque d’hospitalisation et de mortalité chez les patients Covid-19 à risque, et ce via un traitement oral de cinq jours, facile à produire, stocker et acheminer. La molécule, encore en cours d’homologation auprès des grandes agences réglementaires, sera vendue à prix d’or aux Etats-Unis: plus de 700 dollars le traitement individuel. Un prix qui exclut de facto les pays à revenus modestes, d’où l’intérêt de l’accord de licence volontaire noué avec MPP. Sont exclus de cet accord, comme c’est souvent le cas, les pays à revenus intermédiaires les mieux dotés, comme la Turquie, la Russie ou le Brésil.

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