Mini-cerveaux en labo: des chercheurs s’inquiètent de dérives éthiques

Cellules d'organoïde cérébral en culture. Les organoïdes parvenus à maturité se présentent sous la forme de minuscules sphères de tissu neuronal d'au plus quelques millimètres de diamètre | NIH, DR

Le «Rubicon» éthique serait sur le point d’être franchi. Des chercheurs du Green Neuroscience Laboratory (San Diego) estiment que les organoïdes de cerveau – de mini-portions de tissu cérébral cultivées en laboratoire – s’approchent du seuil de complexité pouvant donner lieu à une forme de conscience. À l’occasion du congrès Neuroscience 2019, lundi 21 octobre à Chicago, ils appellent à mieux encadrer ces recherches au plan éthique, afin de s’assurer qu’aucun organisme souffrant ne naisse de ces expériences.

Pourquoi on vous en parle. Les organoïdes cérébraux sont en plein essor, et ouvrent la perspective de recherches inédites sur les maladies neurodégénératives et ophtalmologiques, ou même infectieuses (Zika, Creutzfeldt-Jakob). Leur degré de complexité permet d’ores et déjà la production d’une activité neuronale synchronisée et spontanée, ce qui peut faire craindre l’émergence d’états de conscience minimaux. Une perspective encore très spéculative, dans la mesure où l’on ignore à peu près tout des conditions d’émergence d’une conscience phénoménale. Mais l’enjeu éthique est vertigineux.

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À lire dans The Guardian