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Malgré une situation Covid jugée critique, le Conseil fédéral s'oppose à un durcissement

Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé. | Keystone / Anthony Anex

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«Lors de sa séance du 24 novembre 2021, le Conseil fédéral a analysé de manière approfondie la situation actuelle sur le front du coronavirus et la considère comme critique.» Pour autant, le collège gouvernemental «s’oppose à tout durcissement général des mesures de lutte contre le Covid». Pour Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé, la balle est dans le camp des cantons: à eux d’agir.

Pourquoi on en parle. La situation épidémiologique se dégrade rapidement, mais de façon très hétérogène dans le pays. Les cantons à l’incidence la plus élevée (Appenzell Rhodes-Extérieures 1609, Schwyz 1578, Nidwald 1537, Appenzell Rhodes-Intérieures 1387, Thurgovie 1327, et Saint-Gall 1313) doivent prendre leurs responsabilités. De plus, l’exécutif estime que le nombre de patients Covid actuellement en soins intensifs ne justifie pas de nouvelles mesures.

Les raisons du refus fédéral. D’un côté la raison est simple: les disparités cantonales. Alors qu’Appenzell Rhodes-Extérieures caracole en tête avec une incidence de 1609 nouveaux cas Covid-19 sur les 14 derniers jours, le Tessin a une incidence de 309.

De l’autre côté, le Conseil fédéral reste fidèle à la stratégie définie en mai 2021 avec les cantons:

«En cas de hausse régionale marquée, c’est à eux [les cantons] qu’il appartient de prendre la direction des opérations et les mesures nécessaires pour que la situation reste sous contrôle, en particulier étendre l’obligation de porter le masque, notamment dans les écoles, décréter le télétravail obligatoire ou restreindre les capacités d’accueil.»

Pourquoi la situation est critique. Ce n’est pas dans les unités de soins intensifs que se trouve la réponse. Avec 172 lits occupés par des patients Covid sur une capacité totale de 880 lits, le Conseil fédéral estime que l’occupation est «relativement faible». La situation actuelle ne lui permet de décréter un «durcissement des mesures dans tout le pays».

De son côté, la task force scientifique estime que la situation va rapidement se dégrader dans ces unités ces prochains jours. Surtout si rien n’est entrepris pour freiner la circulation du virus.

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Ce qui permet de dire que la situation est critique, c’est la circulation à un niveau élevé du virus chez les jeunes. Pour le Conseil fédéral, cette situation:

«devrait augmenter sa diffusion au sein des groupes de population vulnérables et entraîner une hausse – potentiellement très rapide – des hospitalisations.»

Que faire? Les autorités misent sur un changement de comportement de la part de la population et le durcissement des mesures par les régions les plus touchées.

Les tests répétés dans les écoles devraient devenir la norme et la Confédération appelle les cantons à:

«préparer leurs structures hospitalières à faire face à une nouvelle charge très élevée.»

Ce n’est que si les mesures cantonales et le changement de comportement de la population ne donnent pas de résultats, que le Conseil fédéral interviendra.

Le rôle de la votation du 28 novembre. L’échéance de dimanche pourrait inciter les autorités à retarder sa décision de renforcer les mesures Covid. Une allégation qu’Alain Berset a balayé en conférence de presse:

«Ce qui nous guide, ce sont les échanges avec les cantons. Le critère essentiel est la capacité hospitalière, et non les votations.»

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