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Les quatre mesures du Conseil fédéral pour relancer la vaccination

Le Conseil fédéral lance une offensive vaccinale sur la Suisse. | Image d'archive Keystone / Marcel Bieri

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Aux grands maux, les grands remèdes. Pour donner un second souffle aux campagnes de vaccination contre Covid-19, le Conseil fédéral a décidé de mettre en consultation une offensive «en quatre points». Cette dernière s’articule en: une semaine nationale de la vaccination, 170 unités mobiles de vaccination supplémentaires, l’engagement de 1700 personnes pour aider à convaincre les rétifs à la vaccination et des bons récompensant des conseils ayant abouti à une vaccination.

Cette dernière mesure est la plus surprenante: si le projet abouti, un bon de 50 francs sera distribué à la personne désignée par les vaccinés comme ayant joué un rôle important dans leur prise de décision. Ce sont les cantons qui décideront de la teneur de ces bons (restaurants, cinémas, etc.).

Pourquoi ce choix du Conseil fédéral. Le rebond aura été de courte durée. Après avoir observé une augmentation de la demande en vaccination à la suite de l’extension du certificat Covid, la demande est retombée ces derniers jours.

La Suisse a un des taux de vaccination (57% pleinement vaccinés) parmi les plus faibles d’Europe. Même si le nombre d’infections est en baisse, le Conseil fédéral estime que le nombre élevé de personnes non immunisées est encore trop important pour éviter une nouvelle vague épidémique, en raison de la contagiosité du variant Delta et de l’arrivée de l’hiver. Les autorités restent inquiètes pour les hôpitaux.

En conférence de presse à Berne pour présenter le projet mis en consultation, Alain Berset a rappelé la motivation du Conseil fédéral:

«L’objectif n’est pas de laisser le certificat et de vivre avec, mais de lever les restrictions dans la vie courante. Mais pour cela, il faut encore faire un effort.»

Le calendrier. La consultation court jusqu’au 6 octobre, après quoi le Conseil fédéral fera un bilan des discussions. Une décision devrait tomber le 13 octobre.

La question du prix. Le Conseil fédéral prévoit d’investir 150 millions de francs pour cette offensive vaccinale. Il rappelle qu’à l’heure actuelle le coût des tests s’élève à environ 50 millions de francs par semaine. «Si un test ne nous rapproche pas de la fin de la pandémie, une vaccination oui» a résumé Alain Berset, Conseiller fédéral en charge de la santé.

Selon l’exécutif, le retour sur investissement serait incontestable — 100 vaccinations permettant d’éviter une hospitalisation et 250 vaccinations, une admission en soins intensifs.

L’offensive dans le détail. Elle s’articulerait en quatre axes:

  • Une semaine nationale de la vaccination. Le Conseil fédéral propose d’instaurer — sous l’égide de la Confédération et des cantons  — une grande semaine de communication sur la vaccination dans le but de convaincre les indécis des bénéfices de la piqûre. Outre la création d’une hotline dédiée aux questions de la population, des actions seraient organisées par les cantons, les communes et différentes organisations comme les clubs sportifs et les églises.

  • Un renforcement de la vaccination de proximité. Pour aller informer au plus proche de la population, la Confédération veut mettre en circulation 170 bus et unités mobiles supplémentaires. Ils se déplaceraient notamment dans les villages, les entreprises, les centres commerciaux et les lieux de formation. Actuellement, une cinquantaine d’unités mobiles circulent en Suisse. Alain Berset:

«Les pays qui ont un taux de vaccination beaucoup plus élevé ont aussi un accès à la vaccination souvent plus facile et plus simple, il nous faut faire quelques améliorations dans le domaine.»

  • Une approche personnalisée. Le Conseil fédéral propose d’engager 1700 conseillers dont le rôle serait de prendre contact avec la population non vaccinée et de proposer une assistance personnalisée à la prise de décision. Cela pourra se faire sous forme d’entretiens téléphoniques, en face à face, ou encore via les réseaux sociaux. «Et ce, évidemment en plusieurs langues», a précisé Alain Berset.

  • Des bons de cinquante francs. Afin d’encourager la discussion dans la population, le Conseil fédéral propose que toute personne nouvellement vaccinée puisse désigner une personne «ayant joué un rôle important dans sa décision de se faire vacciner» — ami, voisin ou collègue par exemple. Cette dernière se verra octroyer un bon de 50 francs de la part du canton «en remerciement».

    Alain Berset:

«Je dois bien vous l’accorder: c’est une démarche inédite et un peu particulière. Mais cette pandémie est aussi inédite et pour le moins particulière. Ça fait deux ans bientôt qu’on vit dans cette situation, on a réussi à apprendre beaucoup de choses. Mais il nous manque maintenant au moins un million de personnes — sur les deux millions non immunisés — pour obtenir une situation plus stable.

Le Conseil fédéral est prêt à mettre en discussion des éléments auxquels on aurait pas pensé hors d’une situation aussi extraordinaire. (...) Il faut lancer une discussion.»

Des tests plus pris en charge. Le Conseil fédéral a décidé de ne pas prolonger la gratuité des tests après le 10 octobre, préférant investir sur les mesures «susceptibles de mettre fin à la pandémie», soit la vaccination. Toutefois, les tests resteront gratuits pour:

  • Les personnes symptomatiques.

  • Les personnes ayant reçu une première dose de vaccin, mais ne disposant pas encore d’un certificat.

  • Les personnes de moins de 16 ans.

  • Les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales.

Des valeurs seuils. Conformément à la volonté de La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du National (CSSS-N), le Conseil fédéral a fixé des valeurs cibles pour lever les mesures en vigueur actuellement. Alain Berset:

«C’est relativement difficile à faire, mais selon l’état actuel des connaissances scientifiques, il faudrait atteindre des taux de vaccination élevés pour lever les mesures restantes, pour éviter les effets yoyo sur la pandémie.»

Lire aussi: A quels critères se fier pour en finir avec le certificat Covid

Ces valeurs sont fixées à:

  • un taux de vaccination de 90 à 95% chez les personnes de plus de 65 ans, contre 89% (de personnes avec au moins une dose) à l’heure actuelle.

  • un taux de vaccination de 80% chez les 18-65 ans, contre 71% actuellement.

L’écart représente environ 1 million de personnes non vaccinées, a précisé Alain Berset: «Ces statistiques ne reflètent pas la dynamique de l’épidémie, mais il nous semble que la meilleure réponse à la situation actuelle est de faciliter l’accès à la vaccination.»

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