Les personnes transgenres seraient bien plus susceptibles d’être autistes

Pixabay / Gordon Johnson

Les personnes transgenres et assimilées (non binaires, fluides, bigenrées, agenrées, etc.) seraient bien plus susceptibles d’être autistes que celles qui s’identifient comme homme ou femme (cisgenres). Ce résultat est issu d’une vaste étude observationnelle, pilotée par l’équipe du Pr Simon Baron-Cohen, de Cambridge, et publiée dans Nature Communications. Sur la base de plus de 640'000 sujets, les chercheurs estiment que la prévalence de l’autisme est 2 à 6 fois supérieure chez les 3 à 9% de personnes non-cisgenres que compte la population, une fois corrigés les effets d’âge et de niveau de diplôme. Celles-ci sont aussi plus susceptibles de présenter des traits de caractère liés à l’autisme, comme une tendance à la systématisation ou une empathie plus faible. Un compte-rendu à lire (en anglais) sur le site universitaire The Conversation.

Un résultat à investiguer. Les auteurs insistent surtout sur la nécessité de prendre en charge les besoins en santé mentale des personnes transgenres et restent prudents quant à l’interprétation de leurs travaux, qui se fondent sur plusieurs bases de données agrégées et ne suffisent pas à démontrer une causalité. Ils s’inscrivent néanmoins dans le contexte de recherches en cours visant à comprendre l’autisme comme une forme «d’hypermasculinisation» du cerveau. Dans l’étude sont mentionnées plusieurs pistes explicatives, dont une surexposition fœtale aux hormones masculines, mais aussi une tendance à moins se conformer aux normes sociales en vigueur et une plus grande propension à avoir recours à la psychiatrie, du fait de parcours de vie plus complexes et stigmatisés.

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A lire sur The Conversation (EN)