Les microplastiques ingérés endommagent bien les cellules humaines

Image d'illustration. | Shutterstock / Almost Green Studio

Ce n’est pas vraiment une surprise: absorber des microplastiques n’est pas bon pour la santé. Ingérées régulièrement, et aux quantités couramment décelées dans l’alimentation, les particules de plastique de moins de 5 mm provoquent des réactions en chaîne dans l’organisme. C’est que qui ressort d’une méta-analyse – la première du genre – passant en revue «les impacts toxicologiques de l'exposition aux microplastiques dans les cellules humaines», publiée le 24 novembre 2021 dans le Journal of Hazardous Materials.

Pourquoi on en parle. Une équipe de chercheurs de Leeds (GB) a réuni 17 études pour évaluer la réaction des cellules humaines aux microplastiques. L’intérêt d’une telle démarche est de déterminer à quel point ces résidus sont nocifs pour l’homme. Le travail des scientifiques britanniques permet de constater que les minuscules particules de plastique en quantités telles que celles contenues dans l'eau, les fruits de mer et le sel de table peuvent endommager les parois cellulaires, déclencher des réactions allergiques et même entraîner la mort de la cellule. Nocif pour les cellules, le microplastique semble en revanche ne pas modifier l’ADN.

Les limites de l’étude. Comme le soulignent les chercheurs, ces résultats ont été obtenus dans des éprouvettes. Il n’est pas encore clair, ni démontré, que les dommages causés dans les cultures cellulaires étudiées se manifestent également dans le corps. Ainsi, des zones d’ombre demeurent comme le relève le média alémanique Infosperber: «On ne sait pas encore comment les humains éliminent les microplastiques».

De plus, il n’est pas possible de savoir quels aliments sont contaminés et dans quelle mesure; comme il n’est pas non plus possible d’éviter l’ingestion quotidienne de microplastique. De quoi alerter les chercheurs qui ont constaté dans des modèles murins que:

  • les microplastiques migrent des poumons des rates enceintes vers les organes de leurs fœtus;

  • chez la souris, les microplastiques traversent la barrière hémato-encéphalique.

En Suisse, ces substances ne sont pas considérées comme représentant un risque élevé pour la santé. Une attitude liée au fait qu’aucune valeur limite n’est fixée dans le pays et que les effets sur l’homme ne sont pas encore établis avec certitude. Mais, on en trouve dans le placenta humain et les microplastiques présents dans l’organisme aideraient les bactéries à développer une résistance aux antibiotiques.

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