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Le vaccin ARN de CureVac ne tient pas ses promesses

Logo de CureVac, au siège de la société à Tübingen (Allemagne). | Keystone / EPA / Ronald Wittek

Le laboratoire allemand CureVac vient d’annoncer les résultats préliminaires de son vaccin à ARN messager, à l’essai en Europe et en Amérique latine. Ils s’avèrent très décevants, avec une efficacité préliminaire évaluée à 47%. Ce chiffre peut encore évoluer à la marge, mais il témoigne de toute façon d’un niveau d’efficacité très inférieur aux meilleurs vaccins Covid-19 du marché, notamment chez les seniors. L’avenir du troisième vaccin ARN est désormais compromis, estiment les experts interrogés par le New York Times.

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Pourquoi cet échec. S’il est fondé sur une technologie proche de Pfizer et Moderna, le candidat de CureVac s’en distingue sur plusieurs points: le type d’ARN utilisé (non modifié), les liposomes employés, et le dosage en ARN, bien plus faible que chez ses concurrents américains. On ignore encore les raisons de cet échec partiel, mais le laboratoire signale que la quasi-totalité des infections chez les personnes vaccinées sont dues à des variants. Il semble que contrairement aux autres vaccins à ARN, le candidat allemand soit beaucoup moins efficace contre les variants.

Une mauvaise nouvelle. Le monde manque encore cruellement de vaccins et le vaccin de CureVac s’annonçait un bon candidat pour les pays pauvres, en raison de son prix modique (de l’ordre de 10 dollars) et de son mode de stockage (trois mois au réfrigérateur). Mais pas seulement: la Suisse avait misé sur le principal vaccin ARN européen, en précommandant 5 millions de doses – dont une partie devait être produite par Novartis en Autriche. Quant à l’Union européenne, elle avait sécurisé 405 millions de doses du candidat de CureVac, dont elle a largement financé les recherches.

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Et demain. L’avenir s’annonce très compliqué pour le vaccin allemand. Même en cas de réussite in extremis de l’essai clinique, qui ouvrirait la voie au marché, une efficacité de l’ordre 50% fait pâle figure par rapport aux autres vaccins ARN. Le vaccin à protéine recombinante de Novavax, une des têtes de proue de la deuxième génération à venir et un des concurrents directs de Curevax, revendique quant à lui près de 90% d’efficacité. Or, l’efficacité est un des paramètres clés pour convaincre les gens de se faire vacciner et permettre un contrôle effectif de l’épidémie.

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A lire dans le New York Times (EN)