Le passeport sanitaire européen pourrait se profiler pour l’été

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est très active sur le dossier du passeport sanitaire | Keystone / AP Pool Reuters / Johanna Geron

L’idée d’un passeport sanitaire en Europe a fait son chemin. La Commission européenne présentera un premier projet législatif en mars pour un passeport possiblement en vigueur à l’été, rapporte Le Monde, sur la base d’un tweet de sa présidente Ursula von der Leyen en date du 1er mars. Surnommé «digital green pass» (passeport vert), il aurait vocation à permettre la circulation au sein des pays de l’Union européenne des personnes ayant reçu le vaccin Covid-19. Mais pas seulement: les personnes capables d’attester qu’elles possèdent déjà des anticorps contre le coronavirus (test sérologique positif) ou qu’elles sont indemnes de toute infection (test Covid-19 négatif) devraient aussi pouvoir prétendre au sauf-conduit tel qu’il se profile. L’horizon estival a pour objectif de sauver la saison touristique, tout en laissant le temps aux pays européens, limités par l’accessibilité des produits, de vacciner une part importante de leur population.

Pourquoi ce n’était pas gagné. Comme le rapporte le quotidien du soir, les Vingt-Sept étaient initialement partagés. L’efficacité inconnue des vaccins à diminuer la transmission du virus, la protection des données personnelles, la crainte de braquer une population parfois vaccino-hésitante, sont autant d’obstacles au passeport sanitaire. La Commission européenne y est favorable, et avec elles plusieurs pays touristiques (Grèce, Chypre, Espagne) ou attachés à la liberté de circulation de leurs citoyens (Autriche, Danemark). La France et l’Allemagne, d’abord réticents, ont fini par donner des signes d’ouverture. Il faut dire que la résurgence épidémique a déjà contraint l’Allemagne à fermer ses frontières avec la République tchèque et l’Autriche, et que la frontière franco-allemande en Moselle vient d’être fermée aux travailleurs frontaliers. Le débat européen devrait désormais se focaliser sur les droits concrets associés au passeport, dont la mise en œuvre effective dépendra pour bonne part de l’avancée des vaccinations.

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