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Le Conseil fédéral veut prolonger la validité des certificats Covid des guéris

Spectateurs à l'entrée d'un concert présentant leur certificat Covid. | Keystone / Ennio Leanza

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Lors de sa séance hebdomadaire, le Conseil fédéral a décidé de mettre en consultation plusieurs mesures visant à faciliter l’accès au certificat Covid. Il demande d’introduire un certificat Covid suisse, uniquement reconnu dans le pays, et de rendre ce dernier accessible aux personnes guéries titulaires d’un test sérologique positif récent. Autre proposition, celle de prolonger de 180 jours à un an la durée de validité des certificats de guérison délivrés sur la base d’un test PCR positif. La décision définitive tombera le 3 novembre.

Ce qui motive leur décision. Ces propositions font suite à plusieurs demandes du Parlement, explique le Conseil fédéral. Il indique avoir également examiné la levée de l’obligation du certificat Covid, mais «compte-tenu de la fin des vacances d’automne, du début de la saison froide, de la stagnation du nombre d’infections, de la contagiosité accrue du variant Delta et du nombre de personnes immunisées relativement faible dans le pays», il y renonce. Au moins jusqu’à la mi-novembre.

Alain Berset, conseiller fédéral en charge de la santé, explique ainsi en conférence de presse à Berne ce mercredi 20 octobre:

«Nous n’avons pas voulu revenir à la situation d’avant septembre, avec des masques, des plexiglas et des jauges, ce n’est plus proportionné. Dans l’autre extrême, lever toutes les restrictions n’est pas une piste, car, avec le même taux de vaccination, d’autres pays sont allés dans cette direction et ont constaté une augmentation très rapide du nombre de cas. Il leur a fallu ensuite instaurer à nouveau des mesures restrictives. Nous voulons éviter cet effet yo-yo.»

Dans le détail. La consultation court jusqu’au 26 octobre. Les mesures proposées visent à faciliter l’accès au certificat:

  • Aux personnes guéries. Actuellement, seules les personnes dont l’infection a été documentée par un test PCR positif peuvent bénéficier d’un certificat de guérison. Le Conseil fédéral propose que le nouveau certificat, reconnu en Suisse uniquement, soit accessible aux personnes qui peuvent présenter un test de détection des anticorps, aussi appelé test sérologique, positif récent. (Le coût de ce test est d’environ 70 francs.) La durée de validité de ce certificat serait limitée à 90 jours.

    La durée des certificats de guérison délivrés sur la base d’un test PCR pourrait, elle, être prolongée de 180 jours à un an, car les données montrent que la protection conférée par une infection antérieure perdure au-delà de six mois, argumente le Conseil fédéral. La prolongation serait en revanche uniquement valable en Suisse, comme la quasi-intégralité des certificats de guérison délivrés dans l’Union européenne ne sont valables que 180 jours.

  • A ceux qui ne rentrent dans aucune case. Toute les personnes qui ne peuvent être ni vaccinées ni testées pour des raisons médicales pourraient recevoir un certificat Covid suisse d’une validité d’une année.

  • Aux touristes. Actuellement, seuls les touristes au bénéfice d’un vaccin autorisé par l’Agence européenne des médicaments (Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson) peuvent obtenir un certificat Covid en Suisse. Le Conseil fédéral propose de l’ouvrir également aux personnes vaccinées avec des produits reconnus par l’OMS (ce qui ajoute Sinovac et Sinopharm à la liste) dans le but «de soutenir l’économie et le tourisme». Ces touristes pourront recevoir un certificat valable 30 jours, uniquement en Suisse.

Cette dernière mesure n’est pas anodine, car elle permettrait de rouvrir le pays aux visiteurs de nombreuses régions du monde qui ont parié sur l’un des vaccins chinois:

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Site internet de Bridge / Capture d'écran 20.10.2021

Trop tôt pour lever le certificat. L’objectif affiché du Conseil fédéral est de lever l’obligation du certificat sitôt que tout risque de surcharge des hôpitaux pourra être écarté «indépendamment du taux de couverture vaccinale», précise-t-il. Or, il estime qu’il est encore trop tôt car:

  • Le nombre de nouvelles infections reste constant depuis quelques jours et est même reparti à la hausse dans plusieurs cantons. Si l’exécutif estime que l’évolution de la situation est incertaine, il s’attend à une nouvelle augmentation des infections dans les prochaines semaines, associée à l’arrivée du froid et aux retours de vacances. Alain Berset, ministre de la santé, en conférence de presse ce mercredi 20 octobre à Berne:

«Les chiffres le montrent d’une manière très marquante: vous aurez remarqué qu’il y a une relation directe et forte entre le taux de vaccination dans les cantons et l’incidence dans ces mêmes cantons. Cela montre bien, encore une fois et y compris sur notre territoire national, une efficacité importante de la vaccination pour freiner le virus.»

  • Le variant Delta est «beaucoup plus contagieux que les souches précédentes» et conduit plus souvent les personnes qu’il infecte aux soins intensifs.

  • Ce qui s’est passé en Israël et aux Pays-Bas encourage le Conseil fédéral à la prudence. Dans ces pays, les réouvertures ont en effet entraîné une augmentation rapide du nombre de cas, avec une forte répercussion au niveau des hôpitaux. «Alors que ces pays avaient des taux de vaccination similaires à ce que connaît la Suisse aujourd’hui», a encore précisé Alain Berset.

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