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Le Conseil fédéral veut prendre à sa charge tous les tests de dépistage de Covid-19

Alain Berset veut se donner les moyens des assouplissements envisagés | Keystone-ATS / Peter Schneider

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L’assouplissement envisagé des mesures contre la pandémie nécessite de muscler le dispositif de dépistage, affirme-t-on à Berne. Le Conseil fédéral propose donc de prendre à la charge de la Confédération «le coût de tous les dépistages» et prévoit pour ce faire une enveloppe estimée à plus d’un milliard de francs, a-t-il fait savoir vendredi 5 mars 2021. Les cantons ainsi que le Parlement vont être consultés et la décision définitive sera annoncée le 12 mars, pour une potentielle entrée en vigueur le lundi 15.

Quel est l’objectif. Le gouvernement, mis sous pression de toutes parts, veut «favoriser la multiplication des tests» préventifs dans les endroits susceptibles de participer à la diffusion de l’épidémie. Seront notamment concernées les entreprises et les écoles, à qui il sera proposé d’effectuer des «tests répétés afin de prévenir et de détecter aussi tôt que possible les flambées de coronavirus».

Cette décision fait suite à celle, annoncée le 27 janvier, de rembourser les dépistages préventifs au cas pour cas, sur demande préalable des cantons. Le ministre de la Santé Alain Berset se réjouit de disposer désormais de «suffisamment de tests et de capacité en laboratoire» pour développer une stratégie plus volontaire de dépistage. Et le conseiller fédéral d’articuler un objectif chiffré clair:

«Nous visons la population particulièrement mobile, celle qui travaille ou qui fréquente les écoles et universités. L’idée est que 40% de cette population soit régulièrement testée.»

Quels seraient les avantages. Outre un meilleur contrôle des flux épidémiques et une accélération des mesures d’endiguement en cas de foyer épidémique identifié, les entités qui testeraient massivement leurs membres pourraient être exemptées des laborieuses quarantaines automatiques pour les cas-contact (si ceux-ci présentent un test négatifs, il va sans dire).

La suppression des quarantaines automatiques ne serait cependant possible qu’à condition, s’agissant par exemple des entreprises, de pouvoir certifier que 80% des employés sont testés chaque semaine. A noter que la participation à ce dépistage massif est facultatif.

Que prévoit le Conseil fédéral. Berne prend actuellement à sa charge les coûts des dépistages des personnes symptomatiques ainsi que des personnes non symptomatiques dans les EMS et les écoles. La volonté du gouvernement est désormais d’étendre cette prise en charge à toute la population et tous les types de tests (PCR, antigéniques et autotests, sur prélèvements nasopharyngés, salivaires ou dans le nez). Y compris les tests effectués dans l’optique d’un voyage hors de Suisse, mais pas ceux effectués à l’étranger en vue d’un retour sur le territoire helvétique. D’après le communiqué:

«Pour pouvoir casser de manière ciblée les chaînes de contamination, il faut pouvoir identifier rapidement les personnes infectées, ce qui fait des tests un pilier de la lutte contre la pandémie. Les capacités de dépistage et des laboratoires étant désormais suffisantes et les autotests bientôt disponibles, le Conseil fédéral entend étendre le dépistage gratuit à toute la population. Il s’agit ainsi d’appuyer le redémarrage progressif de la vie économique et sociale. La prévention et la détection précoce des flambées locales sont d’autant plus importantes que les souches de virus plus contagieuses ne cessent de se propager.»

Le Conseil fédéral fonde passablement d’espoirs sur les autotests, qui n’ont toutefois pas encore été validés par l’OFSP, toujours dans l’attente de garanties quant à leur fiabilité, notamment sur les personnes non symptomatiques. Alain Berset et le gouvernement espèrent obtenir suffisamment de données d’ici à début avril.

Une fois ces autotests validés, le gouvernement envisage même de pouvoir en fournir à la population à raison de cinq par personnes et par mois.

Aide aux cantons. Le Conseil fédéral entend en outre participer à une partie des frais logistiques à la charge des cantons, qui augmenteront obligatoirement en cas d’intensification du dépistage. «L’exigence logistique qui repose sur les cantons est énorme», insiste Alain Berset. «Et ceux-ci font du bon travail.»

Effort maintenu. Cette stratégie du Conseil fédéral est «fondée sur le risque», rappelle Alain Berset, en cela que la situation actuelle «est bonne mais toujours fragile». Le mot d’ordre reste donc le même:

«Nous devons continuer à être prudents et à faire attention au faux sentiment de sécurité. N’oublions jamais qu’un test n’est qu’un instantané d’un moment précis.»

Et Alain Berset de conclure en commandant de «ne pas se lancer dans trop d’expériences douteuses qui nous feraient perdre le contrôle» et qui seraient, selon lui, de fausses bonnes idées ne permettant nullement une sortie de crise.

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