Le Conseil fédéral propose un déconfinement en trois phases dès le 27 avril

Simonetta Sommaruga et Alain Berset à la conférence de presse du Conseil fédéral ce 16 avril à Berne. | Keystone / Peter Klaunzer

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La conférence de presse du Conseil fédéral de ce jeudi 16 avril était très attendue. La stratégie présentée ce jour par les conseillers fédéraux Simonetta Sommaruga, Alain Berset et Guy Parmelin se déroulera par étapes. Les premiers assouplissements des mesures sont prévus à partir du 27 avril.

Pourquoi c’est important. Le pays entrera dans une phase de transition à partir de la dernière semaine du mois d’avril. Certains commerces pourront rouvrir dès cette date, dont les coiffeurs, les fleuristes, les magasins de bricolages, et aussi les cabinets médicaux ambulatoires, ceux des physiothérapeutes et des dentistes. Les écoles obligatoires ouvriront leurs classes aux élèves dès le 11 mai. A cette date, tous les commerces et les marchés pourront également rouvrir. Une troisième étape est prévue pour le 8 juin: écoles du secondaire II, écoles professionnelles, hautes écoles, musées, zoos et bibliothèques devraient pouvoir rouvrir, en fonction de l’évolution de la situation.

Les décisions du jour sont assez précises, et sont fermes pour les deux premières étapes du déconfinement, les 27 avril et 11 mai. En voici le détail. Les décisions pour le 8 juin doivent encore être confirmées lors de la séance du Conseil fédéral du 27 mai.

A partir du 27 avril.

  • Les hôpitaux pourront à nouveau fonctionner normalement, pour les consultations ambulatoires et aussi pour les opérations non urgentes.

  • Les médecins de ville, les dentistes et les physiothérapeutes pourront également fonctionner normalement, tout en étant particulièrement attentifs aux mesures de protection.

  • Les coiffeurs, les salons de beauté, de tatouage, de massage, pourront également rouvrir.

  • Les stations de lavage (pour les voitures) en libre service pourront être remises en fonction.

  • Les fleuristes, les jardineries, les pépiniéristes et les magasins de bricolage pourront rouvrir.

  • Les magasins d’alimentation qui vendent également d’autres marchandises pourront rouvrir l’entier de leurs surfaces de vente.

  • Les personnes extérieures aux familles de défunts pourront également prendre part aux obsèques.

Tous ces commerces et cabinets médicaux devront pouvoir garantir la sécurité de leurs employés et clients ou patients.

Les employés du pays devront, à cette date, continuer à privilégier le télétravail. De plus, les mesures de distance sociale et d’hygiène devront toujours être observées et les personnes à risque doivent poursuivre leur effort de confinement.

A partir du 11 mai.

Si l’évolution baissière de l’épidémie se confirme, de nouveaux assouplissements auront lieu à cette date. Une décision définitive pour cette étape sera prise le 29 avril.

  • Les écoles obligatoires rouvriront.

  • Tous les commerces et les marchés pourront également retrouver leur activité.

Là aussi, les mesures de protection devront être respectées. Ecoles et commerces devront s’assurer de pouvoir mettre en place des concepts de protection efficaces.

A partir du 8 juin.

  • Les écoles du secondaire II, les écoles professionnelles, les hautes écoles pourront à nouveau accueillir leurs élèves et leurs étudiants.

  • Les musées, les zoos, les jardins botaniques, les bibliothèques pourront également rouvrir leurs portes à cette date.

  • Un assouplissement des mesures de rassemblement pourrait également pris à cette date.

Cette étape de juin est assujettie à un monitorage de l’évolution de l’épidémie. Si un rebond est constaté, il est possible que le Conseil fédéral reporte cet assouplissement à une date ultérieure.

Mesures d’accompagnements. Tous les assouplissements doivent être accompagnés de plans de protection spécifique à chaque secteur. Ainsi, selon la branche, le port du masque sera obligatoire. C’est aux secteurs concernés de définir lesdites mesures, en accord avec les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique.

Pour les écoles obligatoires, qui devraient rouvrir le 11 mai, la vice-présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique, Monika Maire-Hefti, précise.

«Les cantons ont un mois pour se préparer et mettre en place les mesures de sécurité nécessaires. Cela nous laisse un peu de temps. Nous devrons réfléchir à l’hygiène des mains: des papiers à usage unique plutôt que des linges sont-ils disponibles dans les établissements? Comment faire pour inciter les enfants à se laver les mains?

Il faudra aussi trouver des solutions pour les personnes vulnérables parmi les enseignants et les élèves, aborder la question des transports scolaires, des repas dans les structures d’accueil, des activités extrascolaires. Une adaptation des horaires et l’idée d’échelonner les temps de récréation sera aussi examinée.»

Outils de pilotage. Pour évaluer la stratégie de déconfinement décidée ce 16 avril et éviter un rebond de l’épidémie, un outil de pilotage a été mis en place. Le Conseil fédéral évaluera le taux d’occupation des hôpitaux, le nombre de nouvelles infections et le nombre de décès pour passer d’une étape à l’autre. Si ces chiffres augmentent après le premier assouplissement, un retour à la situation actuelle n’est pas à exclure.

Le but du Conseil fédéral est de voir une baisse significative du nombre de nouveaux cas permettant aux cantons de pouvoir retracer systématiquement la chaîne de transmission selon la stratégie suivante:

  1. dépister

  2. traiter

  3. isoler

Les dépistages seront renforcés rapidement et une stratégie de suivi des contacts est en cours d’élaboration.

Les oubliés. De nombreux indépendants ne pouvaient pas prétendre à une aide de la part de la Confédération. Le Conseil fédéral a décidé d’élargir le droit à l'allocation pour perte de gain à de nombreux indépendants. Pour avoir droit à une aide maximale de 196 francs par jour, ils doivent avoir soumis à l’AVS un revenu allant de 10’000 à 90’000 francs. L’allocation pourra être obtenue rétroactivement.

Les inconnues. Le sujet des grandes manifestation de l’été a été abordé lors de la conférence de presse du jour, mais aucune décision n’a encore été prise à ce sujet. Il en va de même pour les restaurants.

Pour ce qui est des frontières, des voyages, des piscines et des infrastructures, «il est trop tôt pour évoquer ces points», pour la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga.

Le rythme à suivre. Comme il est impossible de savoir à quel rythme l’entier des secteurs de l’économie pourront retrouver une activité normale, Alain Berset a apporté la précision suivante:

«Nous agirons aussi vite que possible, aussi lentement que nécessaire.»