| | News

Le cannabis, plus dangereux illégal que légalisé

Suite à un changement législatif, la recherche sur les effets du cannabis va être simplifiée. Un premier pas vers la légalisation? Photo: unsplash/Roberto Valdivia

Cet article a été publié une première fois en allemand par notre partenaire éditorial Higgs.ch.

Plus d’un tiers de la population suisse a déjà fumé du cannabis dans sa vie, même si ce stupéfiant est considéré comme illégal depuis 1951. Plusieurs études pilotes sur le cannabis se préparent pour définir le cadre d’une éventuelle légalisation. Que sait la science sur le cannabis? Drogue ou médicament?

Pourquoi il y a des contradictions. La culture, le commerce et la consommation de cannabis sont interdits. Cependant, 220’000 personnes consomment du cannabis au moins une fois par mois. D’autant que la possession de moins de 10 grammes de cannabis pour sa consommation personnelle n’est pas puni par la loi. C’est l’une des nombreuses contradictions dans la manière de traiter cette drogue très répandue, mais encore mal étudiée. Plus la teneur en THC du cannabis est élevée, plus les risques sont élevés.

Au mois de juillet 2021, un sondage a révélé qu’un tiers de la population se prononce clairement en faveur de la légalisation et qu’un autre tiers est plutôt pour. Une initiative parlementaire pour la légalisation est actuellement en cours.

Quelles conséquences aurait la légalisation du cannabis? Il est dificile de savoir ce que cela signifierait tant sur le plan social que sur celui de la santé publique, car toutes les études ont jusqu’à présent été freinées par un cadre législatif très coercitif. L’illégalité du cannabis a entravé pendant des décennies la recherche sur son usage, thérapeutique comme récréatif, et pour cette raison, malgré sa popularité, le cannabis reste encore mal connu et auréolé de plusieurs mythes.

Qu’est-ce que le cannabis?

Le cannabis est le nom latin donné au chanvre. Les plantes de chanvre femelles produisent de nombreuses substances, dont plus d’une centaine de cannabinoïdes. Les plus importants sont le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD).

Ces derniers s’arriment dans le corps à ce que l’on nomme les récepteurs du cannabis. Car notre corps produit lui aussi des canabinoïdes, les endocannabinoïdes. L’un d’entre eux est par exemple l’anandamide, qui joue un rôle important dans la régulation de la douleur, du rythme du sommeil, mais aussi de l’appétit, et dont la structure moléculaire est similaire à celle du THC et du CBD. Les récepteurs de cannabis du corps humain se trouvent à de divers nombreux endroits dans le corps :

  • le cerveau,

  • le système nerveux,

  • le système immunitaire,

  • le tube digestif,

  • les vaisseaux sanguins

  • et la surface des organes.

C’est pourquoi les cannabinoïdes sont actifs à de nombreux niveaux.

Mais la recherche sur les effets médicaux du cannabis reste difficile, car il est illégal dans de nombreux pays. La plupart des données proviennent donc d’expérimentations animales ou in vitro.  D’après Gabriela Gobbi, psychiatre et spécialiste des neurosciences à l’Université McGill de Montréal, qui s’exprime en 2019 dans la revue Nature:

«Il existe peu d’études en double aveugle, randomisées ou avec un groupe de contrôle traité par placebos sur le CBD.»

« L’ensemble des preuves rassemblées par la recherche sur le CBD et le THC est plutôt pauvre – quand il s’agit du cannabis, il est difficile de conduire des essais cliniques randomisés avec un groupe homogène», renchérit Barbara Broers, vice-présidente de la Société suisse du cannabis en médecine, qui exerce à l’Unité des dépendances ux HUG. Pour toutes ces raisons, l’effet médical des cannabinoïdes est souvent encore insuffisamment prouvé et documenté.

Quel effet a le THC?

Le THC est la principale substance psychoactive du cannabis, qui provoque l’euphorie. Le THC s’arrime dans le cerveau aux récepteurs des cannabinoïdes, et les active, ce qui va avoir un effet sur la mémoire, l’humeur, l’appétit et le ressenti de la douleur. La substance augmente la fréquence cardiaque et peut provoquer des palpitations, de l’angoisse et une somnolence.

Consommé trop fréquemment, le THC peut altérer la mémorisation, la concentration et les capacités d’apprentissage, de planification et de prise de décision – en particulier chez les adolescents. Fumer plusieurs joints par jour pendant des décennies modifie la structure du cerveau, en particulier le volume de l’amygdale et de l’hippocampe, dans la partie frontale du lobe temporal. La consommation de cannabis à l’adolescence, en particulier avant 17 ans, peut également avoir cet effet. Ces modifications du cerveau peuvent toutefois être réversibles.

Le THC pourrait aussi favoriser l'apparition de psychoses chez les personnes qui y sont génétiquement prédisposées, surtout en cas de forte consommation. Cependant, le lien causalité n'est pas encore clairement avéré. Peut-être aussi que les personnes souffrant de problèmes mentaux sont plus susceptibles de fumer du cannabis – il n'existe pas encore de grandes études sur ce point. Chez les personnes atteintes de schizophrénie, maladie qui se manifeste généralement dans la vingtaine, le THC peut également favoriser l'apparition de la maladie. D’après Barbara Broers:

«Les personnes anxieuses devraient éviter de consommer du THC, car il peut provoquer un état de panique.»

Le THC sur ordonnance. Malgré ses risques et ses propriétés psychoactives, le THC est utilisé en médecine car il est efficace contre la nausée, la douleur et le manque d’appétit. Les médecins le prescrivent par exemple aux patients atteints de cancer, après une chimiothérapie, contre la nausée. Les médicaments à base de THC aident aussi les patients souffrant du Sida à rétablir leur appétit. Enfin, les médicaments au THC peuvent aussi apporter un remède dans les cas de douleurs chroniques.

Quel effet a le CBD dans le corps humain?

La deuxième molécule active la plus importante, le CBD peut contrecarrer les effets négatifs du THC. Car le CBD s’appareille lui aussi aux récepteurs des cannabinoïdes, mais pour réduire leur activité. Le CBD peut également inhiber les protéines et les récepteurs qui déclenchent les crampes, la douleur et l'inflammation.

Parmi ses effets secondaires, on trouve des vertiges, de la fatigue et de l’irritabilité. Cette substance peut également augmenter la concentration de certains médicaments dans le sang – comme le jus de pamplemousse. Cependant, l’usage du CBD est en principe sans danger. L’OMS conclut, dans son rapport sur le CBD de 2018 :

«Le CBD ne montre aucun effet qui comporte un potentiel de dépendance ou de risque. (…) Il n’y a jusqu’ici pas de preuve de problèmes de santé publique lié à la consommation de CBD pur.»

Le CBD n'est donc pas soumis à la loi sur les stupéfiants en Suisse, il est donc légal. De même, le cannabis contenant moins de 1% de THC et une forte teneur en CBD peut également être vendu.

Les chercheurs ont néanmoins lancé des mises en garde sur l’usage commercial de produits contenant du CBD. En 2017, ils avaient analysé la composition chimique de 84 produits contenant du CBD. Le taux de CBD indiqué n’était étiqueté correctement que pour un tiers d’entre eux. Et surtout: beaucoup d’entre eux contenaient du THC, des métaux lourds, des pesticides et des substances toxiques, résultant du processus de fabrication. Des produits au CBD contaminés et non purs sont de plus en plus fréquents en Suisse.

Les applications médicales du CBD sont-elles fondées scientifiquement? Le CBD légal est présenté par de nombreux fabricants de produits lifestyle comme le remède ultime à tous les maux. Les effets positifs du CBD sur la santé n’ont pourtant pas été encore clairement prouvés – même pour ses usages médicaux. Sur le plan thérapeutique, le CBD reste intéressant, car au contraire du THC, il n’a que peu d’effets secondaires et surtout, il n’est pas psychoactif.

Les effets du CBD les mieux documentés concernent le traitement de certaines formes rares d’épilepsie chez les enfants, comme le syndrome de Dravet et le syndrome de Lennox Gastaut, deux pathologies pour lesquelles d’autres médicaments sont quasiment inefficaces.

Autre champ d’application prometteur d’après les experts: celui des troubles mentaux – de l’insomnie à l’anxiété, et jusqu’à la schizophrénie. Les chercheurs espèrent aussi un effet positif contre la dépression, car le CBD agit sur le cerveau d’une manière similaire aux antidépresseurs. De plus, le CBD fait naître l’espoir de mieux traiter les douleurs chroniques.

Et le spectre des applications médicales potentielles du CBD est encore plus large: il pourrait avoir une action antibactérienne, et des études ont même montré qu’il pouvait gêner la multiplication de certaines cellules cancéreuses. Cependant, il est encore loin d’être un traitement anticancer éprouvé.

Un autre problème avec l’utilisation du CBD en médecine est que son effet dépend beaucoup de la dose administrée. Il nécessite une prescription précise: une dose de 300 milligrammes peut, par exemple, aider un patient contre l’angoisse, tandis 100 ou 900 milligrammes n’auraient, chez la même personne, aucun effet. La dose optimale est différente non seulement en fonction des symptômes, mais aussi en fonction des personnes.

Peut-on utiliser du cannabis thérapeutique en Suisse?

En ce qui concerne les produits qui contiennent plus d’1% de THC, un seul médicament est autorisé en Suisse. Il traite les spasmes liés à la sclérose en plaques. Les médecins ont aussi le droit de prescrire des produits contenant plus de 1% de cannabis dans certains cas précis: les douleurs chroniques, les dépressions sévères, ou les troubles du déficit de l’attention – cependant, pour cela, ils doivent récupérer pour chaque ordonnance une autorisation de prescription exceptionnelle, auprès de l’Office fédéral de santé publique (OFSP). En 2019, l’OFSP a délivré près de 3000 autorisations de ce type. Le parlement a voté en mars dernier en faveur d’un changement législatif pour simplifier ce parcours du combattant.

Et pourtant, les traitements à bas de cannabis ne sont pas remboursés par l’assurance maladie obligatoire. D’après la médecin Barbara Broers, c’est regrettable :

«Dans de nombreux cas, les médicaments à base de cannabis sont plus sûrs que les psychotropes actuellement sur le marché: ils ont moins d’effets secondaires et aident les patients. Nous le constatons en pratique.»

De plus, ces médicaments sont peu coûteux. Le gouvernement fédéral a déjà étudié la possibilité de faire rembourser les médicaments à base de cannabis, mais les résultats n'ont pas été concluants. Car le problème reste entier: les avantages médicaux du cannabis n'ont pas été suffisamment prouvés et documentés….

Le cannabis non médical est-il adapté à l'automédication? «Pour nous, médecins, l'automédication est problématique dès lors qu’il y a une maladie qui doit être traitée», explique la Dre Barbara Broers. Il est plus sûr de discuter du dosage avec un spécialiste, pour écarter les risques. Le problème vient aussi du marché noir: «Le cannabis acheté à la sauvette contient beaucoup trop de THC, mais aussi des pesticides et d'autres impuretés », prévient-elle.

La consommation de cannabis récréatif est-elle mauvaise pour la santé?

La plupart du temps, le cannabis se fume. Tous les désavantages et les risques sanitaires du tabagisme, soit les maladies cardio-vasculaires et respiratoires, lui sont donc associés. Cependant, les consommateurs ne fument souvent pas autant de cannabis que de tabac.«Le fumeur moyen fume 10 cigarettes par jour – la plupart du temps, les fumeurs de joints ne dépassent pas un joint par semaine», affirme Reto Auer, directeur d’une étude sur le cannabis et chercheur à l’Université de Berne, entre autres sur les effets du tabagisme.

«Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe quelques données qui montrent que la consommation de cannabis n’aurait pas d’effet sur l’incidence de cancer du poumon», ajoute-t-il.. Dans le cadre de vastes études de cohortes, pour lesquelles des consommateurs ont été suivis pendant trente ans, les chercheurs ont comparé la fonction pulmonaire de fumeurs de tabac, de fumeurs de cannabis, et de consommateurs des deux substances. Ils n’ont pas pu déceler d’effets négatifs de la consommation occasionnelle de cannabis. De même, les risques de développer des maladies cardiovasculaires, rénales ou hépatiques n’était pas plus élevés chez les consommateurs occasionnels de cannabis.

En ce qui concerne les risques pour le corps de la consommation de THC et CBD, tout dépend fortement du cannabis consommé. Depuis les années 60, les producteurs de cannabis ont favorisé les plants de chanvre dont le taux de THC était le plus haut possible. Alors que dans les années 60, le cannabis contenait en moyenne moins de 3% de THC, aujourd’hui, le taux de THC monte entre 10 et 20%.

Un gros joint peut contenir jusqu’à 100 milligrammes de THC. «Grâce aux données de la police, nous savons que le cannabis, sous la forme d’herbe, de marijuana, contient en moyenne 12 à 13% de THC», déclare Frank Zobel, vice-directeur de Addiction Suisse, et engagé depuis des dizaines d’années dans la recherche et les politiques publiques sur les drogues. En ce qui concerne la résine, le haschich, ce chiffre est beaucoup plus haut, à 25%.

Plus le taux de THC est élevé, plus les risques de rencontrer des effets secondaires le sont aussi, même si le CBD vient les contrecarrer. Cependant, sur le marché noir, impossible de savoir ce que l’on consomme. C’est l’argument principal en faveur de la légalisation: «Dans le cas du cannabis, les effets de l’illégalité sont très clairement négatifs», conclut la Dre Barbara Broers.

Il n’existe pas de consensus d’experts sur le stade où la consommation pose problème. Aux yeux de nombreux chercheurs, une personne qui fume du cannabis au moins trois fois par semaines, voire tous les jours, est considéré comme un gros consommateur. Mais la fréquence de la consommation n’est d’après Barbara Broers qu’un seul facteur: «La quantité, le moment de la journée et la situation personnelle des consommateurs sont tout aussi déterminants.»

Le cannabis rend-il dépendant? «C’est un très vieux débat», affirme Frank Zobel. «Aujourd’hui, un consensus semble s’établir autour du fait qu’une dépendance peut faire son apparition, mais moins souvent que pour l’alcool et le tabac.» D’après Barbara Broers, c’est surtout le tabac qui rendrait dépendant au fait de fumer des joints. Le potentiel d’addiction du cannabis lui-même est limité, le syndrome de sevrage très marginal. «Aucune comparaison possible avec l’alcool ou les opioïdes», souligne-t-elle. Mais une dépendance psychologique peut bien sûr apparaître.

Le cannabis fait-il perdre la motivation? «C’est aussi une grande question ouverte: savoir si le fameux syndrome amotivationnel existe réellement», poursuit Frank Zobel. Le problème est que la moitié des consommateurs de cannabis a moins de 25 ans. Le cannabis est donc une drogue de jeunes. Et c’est justement dans cette phase de la vie que survient la puberté…. La question est alors le cannabis est-il la cause ou l’effet de la perte de motivation? La réponse des chercheurs n’est pas encore tranchée.

Le marché noir en Suisse

Le cannabis est la deuxième drogue illégale la plus lucrative de Suisse après la cocaïne. C’est le résultat d’une étude vaudoise pour laquelle des chercheurs d’Addiction Suisse et de l’Institut de criminologie de l‘Université de Lausanne ont passé au crible le marché des stupéfiants. D’après cette étude, le chiffre d’affaire du canton de Vaud en matière de cannabis s’élève à 46,3 millions de francs. Si l’on transpose ce chiffre à l’ensemble de la Suisse, on obtient un chiffre d’affaires de 500 millions de francs. En comparaison: Feldschlösschen Boissons SA a réalisé la même année sur la Suisse un chiffre d'affaires d'environ 910 millions de francs suisses. Le marché du cannabis est aussi très hétérogène; les cultures locales à petite échelle représentent environ un dixième de l’ensemble, du moins dans le canton de Vaud.

Le gros problème du marché noir est que les consommateurs n’ont aucune visibilité sur ce qu'ils achètent. «Les cannabinoïdes synthétiques, qui sont apparus récemment, sont particulièrement dangereux», s’inquiète Frank Zobel. Certaines personnes achètent du cannabis CBD légal, puis commandent des cannabinoïdes synthétiques en Chine, les vaporisent sur le cannabis et le vendent ensuite sur le marché noir. Ces substances synthétiques sont souvent beaucoup plus fortes que le THC du cannabis naturel, et peuvent avoir des effets secondaires dangereux. Des décès ont même été documentés — mais pas en Suisse.

Quelles seraient les conséquences d’une légalisation? La légalisation va en général de pair avec une augmentation du nombre de consommateurs. «Cela a d’ailleurs été le cas pour le CBD en Suisse» ,explique Frank Zobel. «Lorsque la vente de ce “cannabis légal” a été autorisée en 2016, il y eu rapidement un vrai Boom du CBD – cet effet de curiosité a disparu après environ un an».

Serait-ce la même chose avec le cannabis qui contient du THC? «On ne peut pas anticiper les effets qu’aurait légalisation», déclare Frank Zbel. Il vient de rédiger une étude de synthèse sur les effets de la légalisation aux Etats-Unis et dans d’autres pays. Car le cannabis est légal dans 18 Etats américains, tout comme au Canada et en Uruguay. L’étude montre qu’à court terme, la légalisation aboutit bien à une augmentation de la consommation – mais seulement chez les personnes majeures.

L'une des principales questions sans réponse autour de la légalisation est de savoir si la légalisation provoquerait une augmentation des consommateurs réguliers. «Une consommation régulière sur des périodes longues est problématique, comme c'est le cas pour l'alcool», explique Frank Zobel. Les personnes les plus à risques sont celles qui consomment du cannabis quotidiennement ou presque — et ce, pendant des mois ou des années.

Peu de recherches ont été menées sur les modes de consommation du cannabis. «Jusqu'à présent, la consommation de cannabis a été mesurée de manière très simple», déclare Frank Zobel. C’est-à-dire, à combien de jours par semaine la population suisse consomme du cannabis. Mais en quelles quantités, avec quelle concentration et de quelle manière? Les données manquent. «C'est un peu comme si vous demandiez, dans une étude sur la consommation d’alcool, combien de jours vous buvez de l'alcool, et peu importe qu’il s’agisse de schnaps ou de bière, de juste un verre ou d’une bouteille entière», explique l'expert en drogues.

D’après Frank Zobel, de nombreuses questions restent encore sans réponse: Par exemple, comment la consommation de tabac et d'alcool s’additionne-t-elle avec celle du cannabis? Les gens qui fument du cannabis boivent-ils moins d'alcool en retour? Sont-ils au contraire plus susceptibles de devenir des fumeurs de tabac?

Les études pilotes à venir. C’est justement à ce genre de questions que les études pilote suisses vont devoir répondre, à Berne, Bâle, Zurich, Genève et Lausanne.

La ville de Berne a été précurseur dans la recherche sur le cannabis. Dès 2017, elle avait planifié une étude sur le cannabis, qui avait été rejetée, faute de cadre juridique adapté. Le but de cette étude était d’évaluer les effets d’une vente régulière de cannabis dans les pharmacies.

Cette étude doit ici être revisitée. D’après Reo Auer, directeur de l’étude à Berne: «Notre but est, entres autres, d’observer si les consommateurs parviennent à des types de consommation moins nuisibles pour leur santé, et ce que la délivrance de cannabis pourrait apporter aux pharmacies». En particulier, en ce qui concerne le taux de THC. «La plupart des consommateurs utilisent le cannabis pour leur plaisir, et seuls certains d’entre eux sont intéressés par le “high”, c’est-à-dire par un taux élevé de THC ».

L’étude à la loupe

L’étude. Attitudes Regulation and Legalisation Cannabis

Le commentaire. Il s'agit d'une enquête basée sur l'auto-évaluation. Il n'est pas certain que le résultat soit le même lors d’un éventuel référendum. L'enquête ne peut être comprise que comme une indication d'une tendance.

La fiabilité. Enquête non évaluée par les pairs, enquête représentative menée entre fin janvier et début avril 2021, 3166 participants, échantillon aléatoire.

Le type d’étude. Enquête sur la population.

Le financement. Office fédéral de la santé publique (OFSP).