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La recherche clinique est aussi un business

Pixabay / Jukka Niittymaa

On les appelle CRO, pour «Contract Research Organizations». Pour le compte de l’industrie pharmaceutique ou d’institutions publiques de recherche, les sociétés de recherche contractuelle (Iqvia, Parexel, PPD…) prennent en charge l’ensemble de la chaîne d’évaluation de médicaments chez l’homme: planifier un essai, recruter des participants et des investigateurs, analyser les données, produire des comptes rendus et publier dans des revues scientifiques. Le marché est en plein essor depuis les années 90, explique Le Monde dans un article de fond consacré à ce secteur méconnu. Il devrait atteindre 45 milliards de dollars en 2022 et recrute quelque deux millions de participants par an dans le monde, notamment en Inde et Asie du Sud-Est.

Pourquoi cela pose question. L’introduction d’une logique de rentabilité dans un domaine comme l’expérimentation humaine pose des questions éthiques. Certaines pratiques sont pointées du doigt, comme le fait de commencer les essais cliniques trop tôt (avant la fin des essais de sécurité chez l’animal) ou de ne pas fournir une aide médicale suffisante en cas de problème de santé. Le recueil du consentement éclairé est aussi un enjeu, notamment dans les pays où l’activité de cobaye peut représenter un vrai gagne-pain. Un exemple: l’essai de phase 3 du vaccin Covid-19 indien de Bharat Biotech. Recrutés pour l’équivalent de 10 dollars dans un quartier pauvre de Bhopal, beaucoup des participants ignoraient même qu’ils participaient à un essai — et pouvaient n’avoir reçu qu’un placebo.

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