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«La pandémie nous oblige à reconnaître la fragilité de notre existence»

Le Docteur Gian Domenico Borasio à droite et Luc Chessex à gauche posent devant l’exposition «Le temps qui reste» au Musée de la main UNIL-CHUV à Lausanne en mai 2016.| Keystone / Jean-Christophe Bott

Avec la crise sanitaire et les mesures prises par les gouvernements pour sauver des vies à tout prix, notre rapport à la mort prend une dimension particulière. Le professeur Gian Domenico Borasio, qui exerce et enseigne au CHUV, a accompagné plus de 10'000 patients en fin de vie. Cette expérience lui a inspiré deux livres – «L’Autonomie en fin de vie» et «Mourir, ce que l’on sait, ce que l’on peut faire, comment s’y préparer» - destinés à aider les gens à aborder le dernier chapitre de leur vie. Entretien avec un pionnier des soins palliatifs académiques en Suisse.

Heidi.news – Notre société a-t-elle tellement peur de la mort aujourd'hui qu’elle en oublie de vivre?

Gian Domenico Borasio – Il faut distinguer deux types de peur: la peur de la mort et la peur de mourir. Ce sont deux choses différentes. La peur de la mort, c’est soit la peur de ce qui pourrait venir après - on a par exemple peur de la mort lorsque l’on croit que sa vie terrestre influence ce qui vient ensuite et qu’on pense ne pas avoir fait suffisamment bien, et d’être puni pour cela-, soit on a peur qu’il n’y ait justement rien après. C’est une sorte de peur atavique de l’annihilation complète de notre existence. Il y a toutes sortes de nuances, mais aucune de ces peurs-là ne peuvent être soulagées par un palliativiste parce que nous ne sommes jamais allés voir au-delà, et donc nous ne savons pas. Mais nous pouvons écouter ces peurs, ce qui peut déjà aider le patient. Dans les équipes interdisciplinaires de soins palliatifs, il y a bien sûr aussi des accompagnants spirituels.

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