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La lutte contre Covid-19 est un sport collectif, mais à la fin, c'est la pharma qui rafle la mise

Image d'illustration. | Shutterstock / Leifstiller

Avec «La pharma sort toujours gagnante», Public Eye publie ce 9 mars une enquête sur «les dix stratégies de la pharma pour maximiser ses profits». L’antienne est connue, mais la pandémie jette une lumière crue sur les habitudes commerciales des multinationales pharmaceutiques: opacité, monopole, recherche du profit pour des traitements ou vaccins massivement financés par l’argent public, pays riches qui s’accaparent les vaccins au détriment des autres et mise en danger du programme de répartition équitable des vaccins, Covax.

Pourquoi on doit agir. Le constat est brutal et cible les responsabilités à plusieurs échelons: des multinationales aux Etats en passant par l’Union européenne. Les effets de l’égoïsme et de l’hypocrisie qui président dans l’élaboration et la commercialisation des traitements et vaccins contre Covid-19 ont des effets délétères en terme de santé publique, selon Public Eye. L’ONG appelle à un changement urgent de la part des autorités suisses et aussi des industries pharmaceutiques. Un appel qui a peu de chance d’être suivi.

Le contexte. Au début de l’épidémie de Covid-19, le mot «solidarité» était de mise. On ne lutte pas contre une pandémie avec des mesures isolées, pays par pays, mais en coordonnant les efforts. De nombreuses initiatives collectives ont été lancées en 2020 pour mettre au point des diagnostics, trouver des traitements et des vaccins en unissant l’effort international contre l’ennemi commun: le coronavirus. Début 2021, force est de constater que les nationalismes sanitaires ont pris le relais de l’élan solidaire des débuts et les grands gagnants de l’opération sont les pays riches et les multinationales pharmaceutiques.

Les stratégies des grands groupes pharmaceutiques ne sont pas nouvelles, reconnaît Patrick Durisch, expert politique Santé de Public Eye:

«Mais elles n’en sont que plus visibles et plus problématiques lors d’une crise mondiale où la demande est gigantesque et soudaine. Même en situation de crise sanitaire et économique, il n’y a aucune remise en question du modèle d’affaires ni de la part de la pharma ni des Etats, pourtant essentielle pour une sortie de crise rapide. On est dans le business as usual, avec des Etats otages et complices.»

Pour l’organisation, l’ensemble de la réponse sanitaire à l’épidémie repose sur un mélange de messages officiels, où l’industrie affirme œuvrer pour le bien de la société, et une réalité financière orientée vers la maximisation des profits au détriment, justement, de l’intérêt public.

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