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Le Conseil fédéral renonce aux bons de 50 francs, mais dépense sans compter pour vacciner

Dans le tramway de vaccination de Bellevue à Zurich, en septembre 2021 à Zurich. | Keystone / Michael Buholzer

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La semaine nationale de la vaccination aura lieu du 8 au 14 novembre, a indiqué le ministre de la Santé Alain Berset en conférence de presse ce 13 octobre. Conformément à ce qui était annoncé, le Conseil fédéral lance une offensive vaccinale. Avec, à la clé, le financement d’unités de vaccination mobiles supplémentaires et le recrutement de conseillers, engagés tout spécialement pour «répondre au besoin d’information» des non-vaccinés. En revanche, face à la levée de boucliers, le Conseil fédéral renonce à distribuer des bons de 50 francs aux personnes ayant joué un rôle décisif dans la décision d’un proche.

Pourquoi ils font l’impasse sur les bons. Jugée peu éthique, voire contre-productive par la majorité des cantons romands, l’instauration de bons de 50 francs pour les «démarcheurs» des nouveaux vaccinés n’a pas passé la barre de la consultation. Reste que pour améliorer la faible couverture vaccinale du pays, la Confédération ne lésine par sur les moyens financiers. Le montant des opérations se chiffre à 96,2 millions de francs, à la charge de la Confédération. Objectif: au moins 80% de vaccinés chez les 18-65 ans.

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Le chemin qu’il reste à parcourir. Pour Alain Berset, la situation épidémiologique est encourageante, mais reste fragile au vue de la chute des températures et du retour des activités en intérieur. Pour écarter le risque de surcharge hospitalière et lever les mesures, le Conseil fédéral a fixé ses objectifs:

  • un taux de vaccination de 93% chez les plus de 65 ans, soit encore 100’000 personnes à convaincre et

  • un taux de vaccination de 80% chez les plus de 18 ans, soit encore 800’000 personnes à convaincre.

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Alain Berset rappelle qu’en juin, les cantons vaccinaient à raison de 60’000 piqûres par jour. Aujourd’hui, ils stagnent à 10’000 vaccinations quotidiennes:

«En comparaison internationale, la Suisse a un faible taux de couverture vaccinale. L’idée n’est pas de faire un concours, mais on voit que les pays qui peuvent lever les mesures de restriction sont ceux qui se sont donnés les moyens de proposer une vaccination de proximité, décentralisée.

Le but est vraiment de faire tomber tous les obstacles qui freineraient la prise de décision. L’accès au vaccin doit demander aussi peu d’énergie que possible.»

Les trois mesures retenues. A l’issue de sa séance du jour, l’exécutif propose aux cantons d’articuler l’offensive vaccinale ainsi:

  • Une semaine nationale de vaccination du 8 au 14 novembre durant laquelle cantons, Confédération, communes et partenaires sociaux collaboreront afin d’informer la population sur l’efficacité, la sécurité et les effets secondaires des vaccins, les risques sanitaires liés à une infection ou les possibilités de vaccination.

Une campagne de communication nationale est prévue. Le Conseil fédéral enverra même une lettre à la population pour «souligner l’importance de la vaccination». Alain Berset:

«Les coûts de cette semaine s’élèvent à 15 millions de francs. Cette somme correspond à ce que coûtait, jusqu’à récemment, deux jours de tests en Suisse, c’est donc beaucoup et peu à la fois.»

  • Plus d’unités de consultation et de vaccination mobiles. La Confédération prendra en charge jusqu’à 220’000 francs par nouvelle unité de consultation et vaccination mobile mise en place par les cantons. L’enveloppe de la mesure est de 38 millions de francs au total. Actuellement, ces unités sont au nombre de 50 dans le pays. Alain Berset:

«On veut faire un pas vers ceux qui n’ont pas eu, ou pas encore pris, le temps de se faire vacciner.»

  • Des conseillers sur mesure. Pour atteindre les personnes encore indécises, la Confédération offre la possibilité aux cantons de recruter des conseillers chargés d’aller au contact de la population, par exemple par téléphone ou via des «chats» sur les réseaux sociaux. Leur tâche sera par exemple d’aiguiller vers un centre de vaccination, de trouver un traducteur ou un médecin.\ \ Comme il n’existe pas de base de données qui regroupe l’identité des personnes non vaccinées, ces conseillers devront couvrir un large éventail de la population. Les cantons pourront se charger du recrutement ou se tourner vers des institutions telles que Spitex, précise le Conseil fédéral dans un communiqué.

Un soutien aux cantons.  La mise en œuvre de ces mesures revient aux cantons. Libres à eux de les adapter, voire de ne pas les utiliser, a précisé Alain Berset:

«On veut contribuer à une remobilisation des forces en soutenant les cantons. A eux de voir ce dont ils ont besoin. Le recrutement de conseillers n’a pas reçu un accueil majoritairement favorable lors de la consultation, mais nous estimons que s’il peut aider même une minorité de cantons, nous devons proposer cette possibilité.»

Un profil difficile à cerner. Durant ces prochaines semaines, la Confédération et les cantons vont donc chercher à vacciner près d’un million de personnes supplémentaires. Mais quel est le profil des indécis? Qui peut encore être convaincu? Difficile de répondre, estime Alain Berset:

«Nous avons bien sûr quelques éléments de réponses et beaucoup d’hypothèses, mais on ne peut pas définir un profil type à cibler. C’est une question si personnelle, si difficile à saisir, qu’elle traverse les clivages et les répartitions habituelles. On s’est beaucoup posé la question, mais au final, ce qu’on peut faire de mieux est d’aller à la rencontre des gens.»