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L'agroalimentaire français a masqué la présence de bisphénol A dans ses emballages

Image d'illustration. | shutterstock / Sylvie Pabion Martin

Selon une enquête de l’Autorité de la concurrence révélée dans Le Monde, l’industrie agroalimentaires française se serait entendue pour ne pas révéler quels emballages contenaient du bisphénol A (BPA) avant son interdiction en France dans les matériaux entrant en contact avec des denrées alimentaires. L’enquête pointe du doigt des entreprises comme Nestlé, Coca-Cola, Orangina ou Häagen-Dazs, mais également des fédérations et syndicats. Au total 14 organisations professionnelles et 101 entreprises sont concernées.

Pourquoi une telle opacité organisée. La loi interdisant les BPA est passée en 2012 en France, avec une application au 1er janvier 2015 afin de laisser à l’industrie le temps de s’organiser et d’écouler ses stocks. Les entreprises avaient peur que pendant cette période de transition les produits dont les emballages contenaient des BPA soient pénalisés. C’est pourquoi elles ont mis en place ce système complexe de dissimulation d’information. Le mot d’ordre généralement adopté: ne pas faire de l’absence de BPA un argument commercial.

Le bisphénol A perturbe. Le BPA est un perturbateur endocrinien. Il est utilisé dans la fabrication de plastiques durs ainsi que dans les vernis recouvrant l’intérieur de contenants comme les boîtes de conserves et les cannettes de soda. L’UE a interdit le BPA dans les biberons depuis 2011, alors que la Suisse ne l’a fait qu’en 2017. Les autorités suisses ont classé le BPA comme perturbateur endocrinien, mais considèrent qu’il ne «présente pas de risque pour la santé des consommateurs en raison d’une exposition trop faible pour être dangereuse».

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