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Jeffrey Gordon, la star du microbiote intestinal, reçoit un prix Balzan

Jeffrey Gordon, professeur à la Washington University School of Medicine de St. Louis / DR

On dit parfois que le prix Balzan, remis pour la première fois en 1961, est l’antichambre des Nobel. Il distingue cette année trois lauréats: le grand historien Saul Friedländer, 88 ans, professeur à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), distingué pour l'œuvre de sa vie sur la Shoah, le duo de physiciens Alessandra Buonanno et Thibault Damour, chantres des ondes gravitationnelles, et le biologiste Jeffrey Gordon, 74 ans, «pour avoir fondé le domaine de recherche sur le microbiome humain et pour avoir révolutionné notre compréhension de son rôle dans les sujets sains ou malades, y compris dans notre état nutritionnel.»

Pourquoi c’est important. Les microbes ne sont pas seulement des menaces potentielles pour la santé, mais sont aussi massivement présents chez les humains (et chez les animaux), exerçant des fonctions essentielles que leur hôte ne peut pas accomplir. Les humains hébergent un ensemble très complexe de microbes comprenant des bactéries, des bactériophages, des champignons, des protozoaires et des virus, qui vivent à l’intérieur de leur corps. Cet ensemble, appelé collectivement microbiote (organismes) ou microbiome (génomes), contient dix fois plus de cellules que le «superorganisme» humain. Même si la plus grande partie du microbiote se trouve dans l’intestin (environ 2 kg par individu), on l’observe aussi sur toute l’étendue de la peau et dans les cavités buccale et vaginale.

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